19.10.2017 à 13:05

Chauffeurs des TP au natelLa problématique dépasse le Röstigraben

Trois employés des Transports publics zurichois ont été licenciés au cours des derniers mois pour avoir consulté leur smartphone au volant. La problématique est également constatée à Lausanne et à Bâle.

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jd/ofu/rmf

Tout le monde le sait: utiliser son téléphone portable ou sa tablette au volant est interdit. La loi (lire encadré) s'applique aux automobilistes, mais aussi aux chauffeurs des transports publics. Lundi, on apprenait qu'à Zurich trois employés des VBZ ont été licenciés au cours des douze derniers mois pour avoir pianoté sur leur smartphone.

Des recherches effectuées par «20 minutes» et «20 Minuten» montrent désormais que ce comportement dangereux est également constaté ailleurs.

«Strictement interdit»

Plusieurs conducteurs des transports publics bâlois ont déjà reçu un avertissement après avoir utilisé leur natel au volant. Andreas Büttiker, chef des TP de Bâle-Campagne, explique: «Faire usage de son téléphone en conduisant est strictement interdit. Tous nos employés le savent. Nous sommes responsables de la sécurité de nos clients.» Le patron note que pour l'instant un seul collaborateur a été remis à l'ordre. En cas de récidive, il risque d'être licencié.

Même son de cloche à Bâle-Ville, où plusieurs employés ont été dénoncés à la société des transports publics. «Des enquêtes sont en cours», confirme à nos confrères le porte-parole Benjamin Schmid, sans entrer dans les détails. Le responsable presse ne souhaite pas non plus préciser si la firme a déjà procédé à des licenciements pour un tel motif. «Nous n'avons pas de statistiques pour cela.»

Aucun licenciement au sein des TL

La situation se confirme également de l'autre côté de la barrière de rösti, plus précisément à Lausanne. «Cette attitude, que l'on voit chez les automobilistes, est parfois constatée pour certains conducteurs des TL, nous y sommes très attentifs», confirme ainsi Noémie Hatet, chargée de communication des TL. Et d'ajouter: «Nous avons eu quelques dénonciations par les clients, et des amendes d'ordre de la police. Dans ce cas, il y a une convocation suivie d'une action managériale. Si la personne récidive, une nouvelle convocation est nécessaire et pourrait justifier un licenciement. Mais ça n'est encore jamais arrivé.»

Ce que dit la loi suisse

Sur son site, le Bureau de prévention des accidents (bpa) rappelle que les conducteurs doivent rester constamment maîtres de leur véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de prudence.

Cette disposition légale est précisée à l'art. 3 al. 1 de l'Ordonnance sur les règles de la circulation routière: «Le conducteur vouera son attention à la route et à la circulation. Il évitera toute occupation qui rendrait plus difficile la conduite du véhicule. Il veillera en outre à ce que son attention ne soit distraite, notamment, ni par un appareil reproducteur de son ni par un quelconque système d'information ou de communication.»

Se basant sur les cas ayant fait jurisprudence au cours des dernières années, le bpa souligne d'une part que téléphoner avec un portable dans la main en conduisant peut être puni d'une amende d'ordre de CHF 100 et, le cas échéant, entraîner des réductions de prestations dans l'assurance-accidents. D'autre part, téléphoner au volant avec un dispositif mains libres et lire/écrire des SMS en conduisant ne constituent pas des infractions punies par des amendes d'ordre, mais peuvent néanmoins donner lieu à des sanctions pénales.

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