Tessin/Italie: La propriétaire du tableau de De Vinci sera entendue
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Tessin/ItalieLa propriétaire du tableau de De Vinci sera entendue

La septuagénaire italienne, à qui appartient la toile controversée, répondra à la justice jeudi. Elle souhaite qu'il reste en Suisse, afin de pouvoir le vendre.

par
dmz
L'oeuvre est attribuée à Léonard de Vinci.

L'oeuvre est attribuée à Léonard de Vinci.

Le volet judiciaire de l'affaire du «Portrait d'Isabelle d'Este» commencera jeudi à Pesaro (It). Sa propriétaire, Emilia C., septuagénaire de la région, sera entendue en compagnie de six autres personnes, révèle l'agence de presse italienne Ansa.

Selon les autorités transalpines, le tableau, saisi à Lugano le 9 février, aurait été transporté illégalement en Suisse. Sa trace aurait été perdue il y a plusieurs siècles et seul un croquis, exposé au Louvre à Paris, attestait de son existence. Mais la propriétaire s'en défend: elle prétend que la toile appartenait à sa grand-mère et qu'il se trouve en Suisse depuis 1913, d'où il n'a plus bougé depuis.

Vente avortée

C'est le 27 août 2013 que tout a commencé. L'avocat de l'époque d'Emilia C. se rendait à Lugano en train, quand il a été contrôlé par les douaniers italiens. Ces derniers retrouvent sur lui un mandat, l'autorisant à vendre le De Vinci pour au moins 95 millions d'euros (plus de 100 millions de francs).

Mais la septuagénaire compte toujours réaliser un joli profit avec cette oeuvre. Selon Ansa, son nouveau défenseur a déposé une demande afin qu'il ne soit pas rétrocédé à l'Italie et soit considéré comme faisant partie du patrimoine helvétique. Et ainsi pouvoir le vendre. «Ma cliente répondra à toutes les questions, car elle n'a rien à cacher», conclut l'homme de loi.

Paternité controversée

Reste à savoir si ce «Portrait d'Isabelle d'Este» est bel et bien le fruit du travail de Léonard de Vinci. Sur ce point, les experts se contredisent. Carlo Pedretti, un historien d'art considéré comme un des plus grands connaisseurs du maestro du XVe siècle, en est sûr. Mais Frank Zöllner, expert en art de l'Université allemande de Leipzig et Philippe Daverio, critique d'art et journaliste italien en doutent. Selon eux, il pourrait s'agir de l'oeuvre d'un élève ou d'un autre peintre.

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