«La prostitution doit être étudiée en Suisse»
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«La prostitution doit être étudiée en Suisse»

Les données manquent pour établir des lois applicables en matière de sexe tarifé.

Près de la moitié des 600 prostituées vaudoises ne seraient pas en situation régulière, selon les chiffres obtenus auprès de la police du commerce par la députée verte Sandrine Bavaud. Un «constat d'échec» de la Loi sur l'exercice de la prostitution, entrée en vigueur en 2004. «Les femmes qui exercent dans l'illégalité sont particulièrement sujettes à la criminalité: vols, viols, exploitation, chantage, esclavagisme», dénonce l'élue dans un texte sur lequel les députés se pencheront dès la rentrée. Reprenant les revendications du criminologue tessinois Michel Venturelli, elle souhaite que le Canton s'engage dans une grande enquête sur la prostitution. «Il faut comprendre ce qu'il se passe avant de mettre en place des lois, déclare Michel Venturelli. Cela permettra enfin d'avoir des législations applicables.» En diminuant le nombre d'illégales, les pandores pourraient se concentrer sur le problème des femmes contraintes de se prostituer, victimes de trafic d'êtres humains.

Une telle enquête impliquerait que les participantes bénéficient de permis de séjour provisoire. «Les personnes illégales vivent la peur au ventre. Sans cette protection, les scientifiques ne pourraient pas avoir de contact avec elles», explique Sandrine Bavaud. «Notre but n'est pas de légaliser en masse des étrangères, promet Michel Venturelli. Si, à l'issue de cette étude, on arrive à la conclusion qu'il faut verrouiller les frontières, ce sera très bien. Au moins, on saura pourquoi on le fait.»

Joël Burri

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