Enfants négligés: La protection des mineurs a trop tardé

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Enfants négligésLa protection des mineurs a trop tardé

Le Service de la protection des mineurs (SPMi) de Genève aurait dû intervenir plus rapidement pour secourir deux jeunes enfants laissés à eux-mêmes dans un appartement insalubre à Carouge.

Charles Beer, ministre de tutelle, reconnaît de graves manquements.

Cette situation ne me satisfait pas, explique le conseiller d'Etat à la tête du Département de l'instruction publique (DIP), dans un entretien publié dans «Le Matin Dimanche». Le service étant débordé de manière récurrente, il a d'ailleurs demandé des postes supplémentaires dans le cadre du budget 2010.

Deux enfants, un garçon de 4 ans et une fillette de 10 ans, vivaient dans un appartement avec leur mère et son compagnon, tous deux toxicomanes, ainsi qu'avec deux chiens. Pendant plus d'un an, les enfants étaient abandonnés à leur sort dans des conditions de crasse et de dénuement épouvantables. Les animaux faisaient leurs besoins à l'intérieur.

C'est finalement l'intervention de l'office vétérinaire cantonal pour tenter de sauver les deux chiens qui a permis de secourir les enfants. Un assistant social était au courant du cas depuis septembre 2006, mais un suivi a seulement été mis en place en janvier 2007. Le SPMi est intervenu à la fin de l'été 2007 pour placer les enfants en foyer. «J'ai conscience que nous avons frôlé la catastrophe», relève M.Beer.

Un blâme

Une enquête administrative a été ouverte pour comprendre pourquoi le SPMi a tardé à agir, explique le conseiller d'Etat. Les conclusions montrent que l'assistant social en cause a commis une grave erreur d'appréciation des faits mais qu'il n'a pas commis de négligence, selon le magistrat. Il a reçu un blâme de même que son supérieur direct. Depuis, tous deux sont à la retraite anticipée.

Le procès de la mère toxicomane et de son compagnon s'est ouvert la semaine dernière devant le Tribunal de police à Genève en l'absence des deux accusés. Il se poursuivra le 28 octobre. Cette affaire rappelle le drame de Meyrin en 2001 où la fillette d'une mère toxicomane avait été retrouvée morte de faim dans un appartement. (ats)

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