Actualisé 20.09.2019 à 18:15

Vaud

«La protection des mineurs est devenue un business»

L'initiative «Nos enfants, les familles et professionnels du canton de Vaud ont besoin de lois et de structures adaptées» vient d'être lancée. Le comité veut une révision de la loi sur la protection des mineurs.

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Les initiants demandent une réforme en profondeur du Service vaudois de protection de la jeunesse.

Les initiants demandent une réforme en profondeur du Service vaudois de protection de la jeunesse.

Enquêtes sociales bâclées, liens familiaux coupés, parents mis à l'écart des décisions et des prises en charge de leur enfant, défaillances dans le suivi des dossiers, inégalités de traitement entre parents... Le Comité vaudois pour une meilleure protection des jeunes a pointé, au cours d'une conférence de presse tenue vendredi à Lausanne, ce qu'il considère être de «graves lacunes dans la prise en charge des mineurs et de leurs familles». Pour y remédier, il a lancé l'initiative populaire «Nos enfants, les familles et professionnels du canton de Vaud ont besoin de lois et de structures adaptées».

«Des enfants suivis par le SPJ sont en danger»

Malgré les soubresauts de l'affaire judiciaire très médiatisée d'une fratrie abusée sexuellement par le père, «des enfants suivis par le Service de protection de la jeunesse (SPJ) sont toujours en danger», estime Sandra Pernet, élue PDC au législatif de Lausanne et membre du comité. Elle préconise une prise en charge plus axée sur la protection des liens familiaux que la punition et la répression.

Entre avocats, experts, pharmas et foyers

Représentant du Mouvement de la Condition paternelle, Julien Dura est d'avis que «derrière les longues et coûteuses procédures, il y a un business entre les avocats, les familles d'accueil et foyers, les psychiatres et la pharma». Il souhaite la mise en place de juges des affaires familiales formés à cette problématique, comme en Allemagne ou en France.

Selon Véronique Hurni, ancienne juge au Tribunal des mineurs et ancienne députée, le SPJ suscite la crainte partout. «Faites tout pour que le SPJ ne s'en mêle pas. Aujourd'hui c'est le conseil que donnent les avocats à leurs clients lors des différends entre parents», a-t-elle déclaré.

Quatre mois et six points pour convaincre ou pas

L'initiative populaire lancée vendredi se décline en six points. Les initiants demandent la révision de la loi sur la protection des mineurs, la création d'un tribunal de la famille, une commission neutre pour traiter les plaintes concernant la prise en charge des mineurs, un suivi régulier des cas, intégrer la famille élargie (grands-parents, oncles et tantes) dans la prise en charge, ainsi que le renforcement de l'aide sociale et éducative hors-murs.

Une initiative populaire permet de proposer au peuple l'adoption, la modification ou l'abrogation d'une loi cantonale ou d'un décret. Pour cela, il faut réunir 12'000 signatures valables dans un délai de quatre mois.

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