Santé aux Etats-Unis: La question de l'avortement compromet la réforme d'Obama
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Santé aux Etats-UnisLa question de l'avortement compromet la réforme d'Obama

Le Sénat américain a rejeté mardi un amendement visant à empêcher l'utilisation de fonds publics pour financer l'IVG, divisant les démocrates à un moment où la majorité peine à rassembler les voix de 60 élus pour l'adoption de la réforme de la couverture maladie.

Les sénateurs ont rejeté la mesure par 54 voix contre 45.

L'amendement était soutenu par le sénateur Ben Nelson, son collègue démocrate Robert Casey et huit sénateurs républicains, dont Orin Hatch, co-auteur du texte.

L'amendement réclamait qu'aucun fonds de la réforme de la couverture santé ne puisse être utilisé pour une IVG (interruption volontaire de grossesse), sauf dans le cas de pathologies graves ou si la grossesse est le résultat d'un viol ou d'un inceste.

Le vote de mardi pourrait compliquer la tâche du leader de la majorité Harry Reid pour rassembler les 60 voix sur les 100 nécessaires à l'adoption de la réforme.

En outre, la question des fonds pour l'avortement devrait se poser de nouveau à terme, car une mesure similaire a été adoptée à la Chambre des représentants dans sa propre version du projet de loi de réforme de la couverture santé, adoptée le 7 novembre.

Lorsque le Sénat aura adopté la sienne, les deux chambres devront se mettre d'accord sur un texte commun.

M. Reid a reconnu mardi que «l'avortement est un sujet sensible». «Beaucoup de sénateurs sont en désaccord, tout comme beaucoup de citoyens à travers le pays. Mais les problèmes qui sèment la discorde ne doivent pas nous diviser», a-t-il dit dans un long discours avant ce vote crucial pour la réforme de la couverture santé aux Etats-Unis.

«Personne ne devrait utiliser la réforme de la couverture maladie pour étendre ou réduire l'avortement. Et personne ne devrait utiliser l'avortement pour voler à des millions (d'Américains) la chance d'avoir une bonne couverture santé», a dit le chef démocrate.

Pour M. Nelson, «la plupart des Américains» estiment qu'il n'est pas convenable d'utiliser des fonds publics pour l'avortement.

L'amendement Nelson, selon lui, s'inscrivait dans la continuité de l'amendement Hyde, voté en 1976, qui limitait l'utilisation de fonds publics pour l'IVG.

Soeur Mary Ann Walsh, porte-parole de la Conférence des évêques catholiques américains (USCCB) a déclaré que ce vote était «une grave erreur et un coup sérieux à la réforme de la couverture santé». «Mais nous avons toujours l'espoir d'arranger cela, car beaucoup d'élus ont dit qu'ils étaient pour l'amendement Hyde», a-t-elle poursuivi.

A l'inverse, l'organisation féministe NOW (National Organization of Women) a «applaudi» la mesure.

S'ils sont divisés sur l'avortement, les démocrates semblaient avoir progressé mardi soir sur un autre front en annonçant un «accord» entre des démocrates de gauche et des centristes sur un système d'assurance maladie public qui serait mis en concurrence avec les assurances privées.

«C'est un consensus qui comprend une option publique», a affirmé dans un communiqué Harry Reid, le chef de la majorité démocrate, tout en précisant que les 10 sénateurs qui ont négocié ne sont pas tous d'accord.

En effet, le compromis est encore jugé par certains à gauche comme un abandon de «l'option publique». Le bureau du budget du Congrès (CBO) doit se pencher ces prochains jours sur le coût de la mesure.

La réforme, qui vise à rendre l'assurance maladie accessible aux quelque 36 millions d'Américains qui n'en ont pas, est une des grandes priorités du président Barack Obama.

(afp)

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