Libye: La rébellion prépare une offensive
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LibyeLa rébellion prépare une offensive

La rébellion libyenne se prépare à déclencher une offensive majeure sur le front Ouest.

Remontée par le parachutage d'armes françaises et des frappes accrues de l'Otan, elle a pour objectif d'être à portée de canon de Tripoli, bastion du régime de Mouammar Kadhafi

Pays plutôt proche du régime, la Turquie a haussé le ton ce week- end en annonçant qu'elle retirait définitivement son ambassadeur à Tripoli, rappelé en mars en raison des combats en Libye, et en appliquant les sanctions économiques - décidées en février par l'ONU - visant des caciques du régime et des banques.

De plus, la Turquie, seul pays musulman de l'Otan, reconnaît désormais le Conseil national de transition, la direction politique de la rébellion, comme étant «le représentant légitime du peuple libyen», a annoncé dimanche le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, en visite à Benghazi, bastion des insurgés dans l'Est. Ankara a promis au CNT une aide de 200 millions de dollars.

Solution négociée dans l'impasse

Tout cela survient à un moment où une solution négociée du conflit semble dans l'impasse, les protagonistes campant sur leurs positions près de cinq mois après le début d'une révolte devenue guerre civile.

Illustration de ce blocage, les rebelles ont rejeté dimanche un accord-cadre préparé par l'Union africaine (UA) pour la Libye parce qu'il «n'inclut pas le départ de Kadhafi, de ses fils et de son cercle rapproché», a expliqué Abdel Hafiz Ghoga, un de leurs porte- parole.

Un sommet de l'UA en Guinée équatoriale a adopté vendredi un accord-cadre prévoyant d'écarter le colonel Kadhafi des négociations, tout en refusant d'appliquer le mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre le dirigeant libyen pour crimes contre l'humanité. Le document n'appelle en outre pas explicitement Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir.

Les rebelles gagnent du terrain

De leur côté, les rebelles ont gagné du terrain sur le front Ouest, leur porte-parole militaire, Ahmed Omar Bani, affirmant même dimanche qu'ils se préparaient à une offensive majeure dans les 48 heures pour s'emparer de secteurs au sud de Tripoli.

Les insurgés cherchent notamment à reprendre Bir Al-Ghanam, un carrefour stratégique à environ 50 km au sud de la capitale, afin d'être à portée de canon de Tripoli.

«Dans les deux prochains jours, il y aura du nouveau sur cette ligne de front», a déclaré le porte-parole à Benghazi, fief de la rébellion dans l'Est, affirmant que les insurgés voulaient repousser la ligne de front davantage vers le nord, en direction de Tripoli.

Après avoir dû reculer de la région de Bir Al-Ghanam vers le Djebel Nefoussa, les rebelles veulent de nouveau occuper ce carrefour visé vendredi par l'aviation de l'Otan. Deux véhicules blindés des forces loyales à Mouammar Kadhafi y ont été détruits.

Armes parachutées

En plus de cet appui aérien, les insurgés des montagnes berbères de cette région ont récemment reçu des armes parachutées par la France.

L'Otan, qui a pris le 31 mars le commandement des opérations militaires de la coalition internationale entamées 12 jours plus tôt, a annoncé avoir intensifié ses bombardements dans l'Ouest, détruisant une cinquantaine d'objectifs militaires pendant la semaine.

Parallèlement, l'Alliance atlantique a poursuivi ses raids sur Tajoura, la grande banlieue est de Tripoli.

Zuma à Moscou

Dans une nouvelle tentative de trouver une issue négociée au conflit, le président sud-africain Jacob Zuma doit rencontrer des responsables russes lundi. Moscou n'a pas confirmé cette visite. Fin mai, M. Zuma, mandaté par l'UA, avait tenté une médiation auprès de Mouammar Kadhafi qui s'était soldée par un échec.

Le président sud-africain vient de participer au sommet de l'UA à Malabo qui a adopté un texte devant servir de base à des négociations futures entre les parties libyennes, mais les rebelles posent toujours le départ de M. Kadhafi comme condition préalable à toute discussion.

Depuis le 15 février, le conflit a fait des milliers de morts et poussé à l'exode des centaines de milliers de personnes, selon des agences de l'ONU.

(afp)

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