Actualisé 17.12.2008 à 13:00

ConjonctureLa récession reconfirmée par le KOF

La fin de l'exception suisse est confirmée: après avoir montré une solidité «étonnante», l'économie helvétique n'échappe plus à la récession, selon le KOF.

Comme la BNS et le SECO, le centre table sur une récession pour 2009, le ralentissement sera de -0,5%.

Le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale Zurich avait, dans ses prévisions d'automne, encore prévu une croissance positive du produit intéreur brut (PIB) de 0,3% pour 2009. Avec -0,5%, «la révision à la baisse s'avère plus forte», écrit le KOF mercredi dans ses prévisions d'hiver. Pour 2008, il a revu son pronostic de -0,1 point de pourcentage, à 1,8%.

L'institut suit ainsi les précédentes annonces des économistes: la Banque nationale suisse (BNS) table sur un recul de l'activité économique de -0,5% à -1% et le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) sur une baisse de -0,8%.

Comme les autres instituts de prévisions, le KOF met en avant les conditions économiques mondiales, «qui se sont encore notablement dégradées pour la conjoncture suisse»: depuis l'automne, les entrées de commande de l'industrie ont «sensiblement fléchi», écrivent les économistes du KOF. La valeur des fortunes gérées par les banques suisses s'est encore réduite.

Baisse de la consommation

La consommation privée devrait subir une baisse «transitoire», due à la «véhémence et à la durée de la récession», de même qu'à la hausse du chômage, selon le KOF. La BNS estime en revanche que la consommation pourrait se maintenir, grâce à un renchérissement plus faible que prévu.

Concernant les perspectives du chômage,le KOF est moins pessimiste que ses collègues: il prévoit une hausse à 2,8% en 2009 (3,3% pour le Seco, 3,5%-3,7% pour la BNS) et 3,5% en 2010 (4,3% selon le Seco), avant une baisse en 2011, selon le KOF.

Interventions limitées

Selon le KOF, les possibilités d'intervention politique sont limitées: la cause de la baisse conjoncturelle réside pour l'instant surtout dans le commerce extérieur.

Les économistes évoquent la possibilité de débloquer les réserves de crise pour soulager les entreprises, au moins temporairement. La levée du blocage de crédit au sein de la Confédération pourrait soutenir l'emploi dans les administrations.

Tous les secteurs de l'économie devraient souffrir en 2009, l'industrie comme le bâtiment et le secteur tertiaire. Seuls les domaines très peu réactifs à la conjoncture, comme la santé publique, devraient être épargnés.

Très lente reprise bancaire

La tradition montre que la relance, en Suisse, viendra des exportations et des investissements réalisés grâce à la reprise économique à l'étranger. Les exportations de services financiers ne devraient se rétablir qu'avec une «extrême lenteur».

(ats)

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