Attaque à la préfecture de Paris: La recherche internet qui confirme la piste terroriste
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Attaque à la préfecture de ParisLa recherche internet qui confirme la piste terroriste

Les recherches menées dans les ordinateurs et smartphones de Mickaël H., auteur de la tuerie survenue en octobre 2019 à la préfecture de police de Paris, ont enfin parlé.

par
joc

Une recherche effectuée sur internet par Mickaël H. juste avant son passage à l'acte à la préfecture de police de Paris début octobre 2019 accrédite l'hypothèse terroriste des enquêteurs. «Environ une heure avant l'attaque, juste avant d'acheter les couteaux qu'il a utilisés, il a effectué sur internet la recherche «Comment tuer des infidèles?» explique «Le Parisien». Cet élément a été découvert dans un téléphone de l'assaillant.

Jusqu'à présent, seul le matériel informatique de l'assaillant avait pu être expertisé. Sur des clés USB, les enquêteurs avaient découvert des vidéos de propagande jihadiste, notamment des scènes de décapitation. Faute de connaître les mots de passe de Mickaël H., la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et la Brigade criminelle parisienne ont eu toutes les peines du monde à analyser les ordinateurs et téléphones du tueur. Une fois ce tour de force réalisé, les recherches menées dans le smartphone de Mickaël H. ont confirmé les soupçons de radicalisation.

Attaque pas revendiquée

Le 3 octobre 2019, un agent administratif de la préfecture de police de Paris tuait au couteau quatre de ses collègues dans l'enceinte même de la prestigieuse institution, avant d'être abattu. L'enquête sur cette affaire, confiée à des juges d'instruction antiterroristes, n'a pas encore pu déterminer officiellement les motivations de cet agent converti à l'islam il y a une dizaine d'années et soupçonné de radicalisation. L'attaque, dont le mode opératoire correspond à celui de Daesh, n'a pas été revendiquée. Le groupe terroriste l'a toutefois mentionnée dans une de ses lettres hebdomadaires de propagande.

Dans le téléphone de l'épouse de Mickaël H., les policiers avaient retrouvé 33 SMS échangés avec lui le matin du drame, avec des propos à connotation religieuse. Cette femme de 38 ans, souffrant comme son mari de surdité, a assuré aux enquêteurs n'avoir jamais eu connaissance du projet de son époux. Elle a décrit une crise qui l'a agité la nuit précédant l'attaque. Des voisins l'ont aussi entendu crier à plusieurs reprises «Allah Akbar» cette nuit-là. «On a affaire à des profils complexes, déséquilibrés, mais animés au moment du passage à l'acte, et sans doute confortés pour le faire, par une motivation terroriste», relève auprès de l'AFP une source proche du dossier.

«C'est bien fait»

Une commission d'enquête parlementaire travaille actuellement sur ce dossier. Certains de ses membres ont insisté sur l'absence de remontée d'informations concernant des soupçons de radicalisation de Mickaël H. Or, selon un rapport interne rédigé après la tuerie, le fonctionnaire aurait déclaré à un collègue à propos de l'attentat de «Charlie Hebdo»: «C'est bien fait». Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, devait être interrogé par cette commission mercredi après-midi. (joc/afp)

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