Actualisé 04.03.2010 à 16:50

Séisme au ChiliLa reconstruction prendrait au moins 3 ou 4 ans

L'acheminement de l'aide s'améliorait jeudi vers les régions sinistrées du Chili, encore secoué mercredi soir par des répliques sismiques qui ont provoqué une brève alerte au tsunami.

Mais la reconstruction du prendra au moins «trois ou quatre ans», a annoncé la présidente Michelle Bachelet.

Huit agglomérations totalisant plus d'un million d'habitants, dans le centre-sud du pays, ont passé une nouvelle nuit sous couvre- feu, la quatrième pour Concepcion, deuxième ville chilienne. Des milliers de personnes y ont encore dormi dehors, leurs habitations parmi le demi-million détruites.

Plus de 8100 tonnes d'aliments et de produits de première nécessité ont été distribuées a dit le vice-ministre de l'Intérieur Patricio Rosende lors d'un bilan mercredi soir. Deux cent mille rations alimentaires chaudes ont été livrées.

Mme Bachelet, qui va céder dans une semaine le pouvoir à son successeur Sebastian Pinera, a dit à la radio chilienne ADN que la reconstruction devrait prendre «au moins» de 3 à 4 ans.

Mesure attendue

Le gouverment de M. Pinera, un entrepreneur multimillionnaire de 60 ans, prendra ses fonctions le 11 mars pour quatre ans.

La présidente a annoncé que les travaux de reconstruction devront être financés par des crédits internationaux. «Nous allons solliciter des crédits à la Banque mondiale et autres institutions», a-t-elle dit.

Le coût des dégâts pour le Chili pourrait atteindre entre 15 et 30 milliards de dollars, selon les calculs de la société américaine EQECAT, spécialisée dans la modélisation du risque.

Cette évaluation signifie qu'environ 10 % du produit intérieur brut annuel du pays partirait en fumée.

14 000 militaires

Mercredi soir, deux répliques de magnitude 5,9 et 6 ont secoué le littoral. L'alerte au tsunami a été levée après moins d'une demi- heure.

Dans la capitale Santiago, relativement épargnée par le séisme (38 tués) deux fortes répliques ont été ressenties dans la soirée.

Au total, 14 000 militaires ont déployés ces derniers jours dans le pays.

Les couvre-feux nocturnes ont été maintenus, étendus même au district de Nuble, bien que «l'ordre et la sécurité publique aient récupéré leur normalité», a affirmé M. Rosende. Des supermarchés ont ouvert toujours sous surveillance militaire.

Discussion

Le général Bosco Pesse, commandant militaire de la zone où se trouve Constitucion, a estimé que le bilan pourrait passer à un millier de tués dans la région. Cette populaire station balnéaire totalise 60 000 habitants, dont un tiers ont tout perdu dans le raz- de-marée.

Face à ce bilan voué à enfler, l'»erreur de diagnostic» sur le tsunami, admise dès dimanche par les autorités militaires, est redevenu un sujet brûlant entre Mme Bachelet, la Marine, et le Bureau national des urgences (ONEMI).

La Marine a reconnu avoir transmis, via son Service d'hydrographie et d'Océanographie (SHOA) une information «fort peu claire» à la présidence «pour dire s'il fallait maintenir ou annuler» l'alerte, a reconnu le chef d'état-major de la Marine, Edmundo Gonzalez.

Note aux rédactions: (dépêche diffusée au lieu du complément annoncée au programme, merci de considérer la bsf007 comme encadré à cette dépêche)

(ats)

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