Actualisé 03.10.2006 à 13:43

La refonte d'Armée XXI a du plomb dans l'aile

Faute d'avoir pu imposer leurs vues, gauche et UDC ont uni leurs voix mardi pour faire capoter le projet au National.

Le conseil a rejeté par 101 voix contre 73 la révision de l'ordonnance sur l'organisation de l'armée.

Le dossier passe au Conseil des Etats. Les sénateurs pourraient se montrer plus sensibles au projet, les radicaux et les démocrates- chrétiens, qui ont soutenu l'»étape de développement 2008/2011» au National, étant majoritaires dans la Chambre des cantons.

Avec la nouvelle orientation de l'armée, les formations mécanisées et lourdes devraient être réduites de moitié et céder le pas à l'infanterie. La priorité irait aux engagements de sécurité sectorielle et à l'appui aux autorités civiles.

Critiques de l'UDC

Cette réforme n'était pas du goût de l'UDC, tenante d'une défense classique du territoire. D'entrée de jeu, elle a essayé de torpiller le projet défendue par son conseiller fédéral Samuel Schmid. Armée XXI à peine lancée, le Conseil fédéral veut déjà tout réorganiser, a critiqué Ulrich Schlüer (UDC/ZH).

Selon lui, de nombreux problèmes, dont entre autres le manque d'officiers instructeurs, doivent d'abord être résolus. L'armée n'est pas le moyen approprié pour lutter contre le terrorisme, a ajouté le président de l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) Pirmin Schwander (UDC/SZ).

Faute de soutien hors de ses rangs, les tentatives de l'UDC de non-entrée en matière ou de renvoi au gouvernement sont restées vaines. Kurt Wasserfallen (PRD/BE) n'a pas eu plus de succès en réclamant un nouveau projet soumis au référendum facultatif pour que le peuple puisse au final se prononcer.

Et de la gauche

Durant le débat, la gauche n'a pas non plus réussi à séduire hors de son camp. Si elle appuie l'idée d'une diminution des moyens attribués à la défense traditionnelle, elle critique en revanche l'engagement de militaires pour des missions de sécurité intérieure.

Ses propositions visant à corriger le tir ont toutes été repoussées. Le National a refusé par 108 voix contre 61 de réduire les effectifs de l'armée de 220 000 à 140 000 militaires. Idem de l'amendement qui aurait limité les possibilités pour l'armée de servir d'appui aux autorités civiles.

Côté finances aussi, le camp rose-vert a fait chou blanc. Ses amendements visant à réduire, voire à supprimer le plafond de dépenses pour l'armée devisé à 12,285 milliards pour les années 2009 à 2011 ont été rejetés à deux contre un.

Mise en garde de Samuel Schmid

Le coup de grâce a été porté lors du vote d'ensemble lorsque les mécontentements du camp rose-vert et de l'UDC se sont additionnés. Samuel Schmid a sévèrement critiqué les positions «idéologiques» des opposants à son projet.

L'important est de protéger la population, a-t-il martelé. Beaucoup de crises, sans être des guerres, représentent une menace. Si la Suisse est frappée par une vague violente d'antisémitisme ou un attentat, on se tournera vers l'armée pour assurer la sécurité. Pour cela, il faudra une infanterie bien formée, a plaidé le conseiller fédéral en vain.

Avec la réforme, les effectifs demeureraient inchangés mais seraient répartis différemment. Une brigade serait supprimée. Les effectifs pour les missions de soutien de la paix à l'étranger doubleraient à 500 militaires.

Une brigade de combat formerait le noyau dur de l'armée qui se concentrerait sur la défense classique. Quant aux nouvelles troupes d'infanterie, elles devraient protéger les axes de transit ainsi que soutenir les autorités civiles pour la surveillance de bâtiments et la protection de conférences.

(ats)

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