Genève - Les gardiens disent non à la réforme actuelle de la prison
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GenèveLes gardiens disent non à la réforme actuelle de la prison

Après les cadres de Champ-Dollon, ce sont les gardiens qui, via leur syndicat, ont dit au conseiller d’Etat leur désaccord avec la manière dont est actuellement menée «Ambition».

Les gardiens de Champ-Dollon contestent la manière dont est réformée leur prison.

Les gardiens de Champ-Dollon contestent la manière dont est réformée leur prison.

TDG – G. Cabrera

Cet été, les seize plus hauts cadres de la prison de Champ-Dollon avaient écrit au conseiller d’Etat Mauro Poggia. Ils lui disaient tout le mal qu’ils pensaient de la manière dont le directeur d’alors, Martin von Muralt, menait la réforme de l’institution, intitulée Ambition. Depuis, un audit externe a été diligenté par l’Etat (ses résultats sont attendus pour octobre) et, le 6 septembre, le directeur contesté a quitté ses fonctions. Mercredi soir, ce sont les gardiens qui, après une assemblée générale extraordinaire de l’UPCP, leur syndicat, se sont exprimés. «Nos membres se sont prononcés à l’unanimité contre «Ambition» telle que dans sa configuration actuelle», indique Marc Baudat, le président de l’UPCP, dans un courrier adressé au conseiller d’Etat.

«Au bord de l’épuisement»

La missive, dont a initialement fait état la «Tribune de Genève», explique que «l’ensemble de nos membres travaillant à Champ-Dollon est au bord de l’épuisement et est découragé par cette réforme. Cela nous alerte au plus haut point s’agissant du fonctionnement à court terme de cet établissement, nous précisons que nos membres ne sont pas opposés à une réforme mais, qu’en aucun cas, elle ne doit se faire au détriment de leur sécurité.»

Durant leur assemblée générale, les gardiens ont aussi constitué une task force d’une dizaine de personnes, dont ils aimeraient qu’elle soit un interlocuteur pour l’Etat. «Nous exigeons que notre association soit consultée dans le cadre de l’audit en cours», a réclamé l’UPCP dans sa lettre.

Droit des détenus

Pour rappel, la réforme Ambition met notamment l’accent sur le respect des droits des détenus. La réinsertion et les prestations à leur endroit y sont ainsi mises en avant. Cet été, les cadres frondeurs louaient les valeurs du projet mais critiquaient sa mise en œuvre: faute de ressources, il aurait conduit à réduire le nombre de gardiens au contact des prisonniers pour les affecter à des tâches managériales ou administratives, ce qui créerait un risque sécuritaire.

Décision en novembre

Mercredi, la direction générale de l’Office cantonal de la détention (OCD) avait annoncé dans une communication interne qu’elle allait «stabiliser le déploiement de la phase 1 du projet Ambition et intégrer la direction du projet». Elle expliquait qu’elle entendait appuyer le comité de direction de la prison, suivre de près les dossiers stratégiques et augmenter sa présence à la prison. «Ce dispositif sera réévalué en novembre, après analyse du rapport d’évaluation externe attendu.»

(jef)

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