France: La réforme controversée de la SNCF votée
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FranceLa réforme controversée de la SNCF votée

Les députés français ont adopté mardi par 355 voix contre 168 la réforme du système ferroviaire français qui prévoit de réunir la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), séparés en 1997, au sein d'un groupe unique appelé SNCF.

La grève de la SNCF a duré dix jours.

La grève de la SNCF a duré dix jours.

Présenté par Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat aux Transports, le projet de loi concernant la SNCF prévoit la création de trois établissements publics à caractère industriel (EPIC). L'un, dit de tête, nommé «SNCF» qui chapeautera les deux autres, «SNCF Réseau», le gestionnaire des infrastructures, et «SNCF Mobilités» qui exploitera les trains. Ce projet de loi avait provoqué une grève de 10 jours, déclenchée par la CGT et Sud-Rail.

Le texte a été voté par les groupes socialiste, écologiste et des radicaux de gauche. Le Front de gauche a voté contre. L'opposition s'est divisée, l'UDI (centriste) a voté pour et l'UMP contre, sauf quelques élus qui se sont abstenus ou ont voté pour.

A l'issue du vote, M. Cuvillier, s'est félicité d'une «large majorité qui va au-delà de la majorité parlementaire». «La France peut être fière d'offrir un nouveau modèle d'organisation du ferroviaire en Europe», a-t-il ajouté.

Procédure accélérée

Le Sénat examinera à son tour cette réforme à partir du 9 juillet. Le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure dite «accélérée», qui réduit le nombre de navettes entre les deux assemblées, la réforme pourrait être adoptée définitivement avant la pause du mois d'août.

«Nous ne votons pas cette réforme car elle est antieuropéenne, elle est anticoncurrentielle et elle ne règle rien des problèmes financiers», a dit l'UMP Dominique Bussereau, ancien ministre des Transports.

Le Front de gauche justifie son vote par des arguments diamétralement opposés. «Elle s'inscrit dans les choix européens qui consistent à organiser la privatisation», a déclaré André Chassaigne, le président du groupe Front de gauche.

Protestations

Des amendements ont été votés pour tenter d'apaiser les grévistes, comme celui des écologistes qui souligne «le caractère indissociable et solidaire» des trois entités.

Un comité central d'entreprise sera créé au niveau du groupe, comme le demandaient les syndicats, qui sera «l'employeur des agents et des salariés des trois EPIC» et sera le niveau de référence des négociations salariales.

Mardi à l'heure du dîner, quelques centaines d'«irréductibles» cheminots se sont rassemblés à proximité de l'Assemblée nationale, sur l'esplanade des Invalides, pour protester contre une réforme qui «ne marchera pas». Dans la matinée, les grévistes de la Gare de l'Est avaient une dernière fois reconduit leur mouvement jusqu'à 18h00, comme l'avaient fait la veille les salariés des autres gares parisiennes. (ats/afp)

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