Agriculture/ UE: La réforme de l'agriculture divise
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Agriculture/ UELa réforme de l'agriculture divise

Les agriculteurs allemands jugent que les propositions de réforme de la politique agricole commune de la Commission européenne vont «dans la bonne direction», ce qui n'est pas de l'avis de tout le monde.

«Nous trouvons que les propositions vont dans la bonne direction», a déclaré jeudi Gerd Sonnleitner, président de la puissante fédération des agriculteurs DBV, dans un entretien télévisé.

Le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos devait présenter officiellement jeudi les grandes lignes d'une réforme de la PAC à compter de 2014, un projet dont l'essentiel a déjà filtré. Il prévoit une redistribution plus juste et plus équilibrée des aides directes aux exploitants agricoles, et veut promouvoir une agriculture européenne plus verte.

Les agriculteurs allemands, plus gros bénéficiaires de l'aide européenne après leurs confrères français, «doivent reconnaître qu'il y a des changements» dans les rapports de force, a déclaré M. Sonnleitner. «Nous devrons lâcher un peu du lest», sur les subventions, a-t-il concédé.

«Nous ne voulons pas mener une discussion qui oppose les gros et les petits», a-t-il déclaré. Un certain nombre de petits pays de l'Union européenne avaient fait campagne pour une répartition plus juste des aides à l'agriculture.

Le secrétaire d'Etat à l'Agriculture Robert Kloos a pour sa part critiqué le fait de vouloir faire dépendre l'attribution de subventions à des critères écologiques et sociaux, ainsi que le plafonnement des aides perçues par les grosses exploitations.

«Personne n'en profite si au final c'est seulement la bureaucratie qui est renforcée», a-t-il dit au quotidien régional Neue Osnabrücker Zeitung. L'est de l'Allemagne abrite beaucoup de grosses exploitations, héritage des coopératives de la RDA.

Dans un entretien au quotidien Passauer Neue Presse publiée jeudi, M. Sonnleitner se montre lui aussi nettement moins conciliant, notamment vis-à-vis des objectifs de protection de l'environnement et d'agriculture verte. «Selon nous, cela ne mènera pas à une croissance verte, mais à une sur-bureaucratisation de l'agriculture européenne», a-t-il déclaré.

Les agriculteurs allemands sont d'ores et déjà «exemplaires» en matière de protection de l'environnement et des animaux, selon M. Sonnleitner qui recommande à la Commission européenne de «dépenser son énergie pour amener d'autres pays européens au niveau où nous sommes en matière de protection de l'environnement dans l'agriculture». (afp)

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