Lausanne - La relève est assurée chez les chouettes cette année
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LausanneLa relève est assurée chez les chouettes cette année

Apparemment, il y a des «années à chouettes». En raison d’une importante production de fruits de certains arbres l’an dernier, les ornithologues découvrent ce printemps un grand nombre d’oisillons en pleine santé. Rencontre en vidéo.

par
Pauline Rumpf

Cette mère hulotte, habitante d’un frêne dans les bois de Vernand-Dessous près de Romanel (VD) ne semble pas trop dérangée par la visite d’un groupe d’humains venus examiner son nichoir et baguer ses petits, en ce début de week-end pascal. Ce printemps, la jeune femelle a couvé trois œufs, une portée déjà honorable. Elle a donc donné naissance à trois jeunes qui ont été bagués jeudi, en pleine santé après une quinzaine de jours dans le monde. Leur grande forme, ils la doivent notamment à une nourriture abondante ramenée par leur père, qui n’avait qu’à se baisser pour trouver mulots, campagnols, taupes ou encore batraciens à ramener à sa progéniture.

«C’est une année exceptionnelle, décrit Lionel Regamey, contre-maître forestier-bûcheron de la Ville de Lausanne. L’an dernier, les arbres ont produit énormément de glands et de faînes, qui ont assuré la multiplication des petits mammifères dont c’est la subsistance, créant un réservoir de proies très large pour les chouettes et les renards notamment. On a de la peine à expliquer pourquoi certaines années sont plus fructueuses que d’autres; la communication entre les arbres pourrait y être pour quelque chose, puisque les phénomènes s’étendent à large échelle; par exemple, la saison d’avant, je n’ai pas réussi à trouver un seul gland dans tout le canton.»

Cette année, au contraire, est prolifique: déjà une vingtaine de jeunes hulottes ont été répertoriées dans les nichoirs de la Ville, contre un seul l’an dernier. Un cinquième de la soixantaine de nichoirs communaux sont utilisés, en plus des cavités naturelles qui servent de nid à d’autres couples de ces petites chouettes, estimés à plus d’une cinquantaine dans le canton. «Les hulottes sont un des rares rapaces nocturnes dont la population n’est pas en diminution en Suisse, rappelle Gilbert Rochat, ornithologue bénévole, qui effectue le baguage des jeunes pour la Confédération et le centre ornithologique de Sempach. D’ailleurs, elles sont peu à peu en train de remonter en altitude avec le réchauffement climatique, ce qui pose problème aux espèces de chouettes montagnardes qui se font coloniser.»

La population de hulottes vaudoises est en tout cas en pleine expansion, et a de beaux jours devant elle, grâce notamment à une portée exceptionnelle de six jeunes découverte au Bois-Mermet.

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Cette maman est méfiante, alors qu’une équipe d’ornithologues examine ses trois petits. 

Cette maman est méfiante, alors qu’une équipe d’ornithologues examine ses trois petits.

François Mellilo
Elle-même a déjà été baguée il y a quelques années.

Elle-même a déjà été baguée il y a quelques années.

François Mellilo
Un apprenti forestier-bûcheron est chargé de la visite du nichoir, à plusieurs mètres du sol.

Un apprenti forestier-bûcheron est chargé de la visite du nichoir, à plusieurs mètres du sol.

François Mellilo

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