Tunisie : La religion sera absente de la Constitution
Actualisé

Tunisie La religion sera absente de la Constitution

La religion sera absente de la nouvelle Constitution tunisienne, assure le parti islamiste Ennahda qui a remporté les premières élections libres du pays.

Le futur texte fondamental accordera en revanche une place importante aux questions des droits de l'homme, de la démocratie et de l'économie de marché.

«Nous ne voulons pas imposer un style de vie particulier», a dit à Reuters le chef d'Ennahda, Rachid Ghannouchi. Le gouvernement, dont la composition doit être dévoilée la semaine prochaine, n'introduira pas le principe de la charia ni d'autres principes islamiques susceptibles de rogner sur le caractère laïque de la Constitution en vigueur sous le président déchu Zine ben Ali.

Depuis la large victoire de son parti réputé modéré aux élections constituantes du 23 octobre, certains soupçonnent Ennahda de vouloir imposer une application stricte des principes religieux à une société tunisienne habituée à un mode de vie libéral. Pour les observateurs, la première tâche de la Constituante sera donc avant tout de rassurer les Tunisiens et les investisseurs étrangers.

«Aucune implication légale»

Avant même le début des discussions sur la Constitution, tous les partis politiques sont convenus de conserver le premier article de l'actuelle loi fondamentale, qui déclare que l'islam est la religion et l'arabe la langue officielle du pays. «Il s'agit juste de la description de la réalité», explique M. Ghannouchi.

«Cela n'a aucune implication légale», ajoute-t-il. «Il n'y aura pas d'autres références à la religion dans la Constitution. Nous voulons accorder la liberté à l'ensemble du pays», poursuit le chef d'Ennahda, qui ne jouera aucun rôle dans le nouveau gouvernement.

Selon lui, «il ne devrait pas y avoir de loi qui tente de rendre les gens plus religieux». Dans la foulée de sa victoire électorale, son parti s'est engagé à ne pas interdire l'alcool et les vêtements occidentaux et à poursuivre les politiques économiques en faveur du tourisme, de l'investissement étranger et de l'emploi.

Accord des laïques

La charia et les lois de l'islam sont un ensemble de valeurs morales individuelles et sociétales et non un code de conduite strict à appliquer au niveau national, explique M. Ghannouchi, qui souligne également que les 22 années passées en exil lui ont permis de constater l'importance de la société civile.

Pour Samir Ben Amor, chef du Congrès pour la République (CPR) qui devrait participer au gouvernement de coalition aux côtés d'Ennahda et d'un autre parti laïque, il y a un consensus autour de la référence à l'islam dans la Constitution. Ces partis politiques s'accordent aussi pour renforcer la démocratie en introduisant des références aux conventions internationales des droits de l'homme.

(ats)

Les islamistes obtiennent un siège de plus à la Constituante

Le tribunal administratif de Tunis a octroyé un siège de plus au parti islamiste Ennahda, qui dispose désormais de 91 élus à l'Assemblée constituante issue de l'élection du 23 octobre qu'il a remportée.

Cette décision, selon l'Agence tunisienne de presse (TAP), fait suite à un recours intenté devant le tribunal administratif par Ennahda contre le résultat du scrutin dans la circonsciption de Medenine, à quelque 500 km au sud-est de Tunis.

Selon les premiers résultats préliminaires diffusées le 27 octobre par la commission électorale (Isie), Ennahda avait obtenu 90 sièges, sur un total de 217, sortant nettement vainqueur de la consultation devant deux mouvements de gauche, le CPR (Congrès pour la République) et Ettakatol.

La mesure du tribunal a été prise au détriment d'une formation mineure, le Mouvement du peuple unioniste progressiste (nationaliste arabe), qui a perdu son siège à Médenine pour une raison qui n'a pas été communiquée.

Par ailleurs, le tribunal administratif a reçu, toujours selon la TAP, «104 demandes de recours dont 61 ont été examinées alors que 43 autres seront tranchées avant le 8 novembre».

Dans un communiqué diffusé vendredi, la mission d'observation électorale de l'UE a demandé à l'Isie de publier «au plus tôt» les résultats complets et détaillés des premières élections libres en Tunisie et s'est dite «préoccupée» par plusieurs «lacunes» dans le processus électoral.

Les résultats finaux ne seront toutefois annoncés qu'une fois tous les recours «examinés et tranchés», a indiqué l'Isie.

Ton opinion