Actualisé 04.10.2019 à 07:11

Thérapies de conversion«La réponse du Conseil fédéral nous choque»

Bâle-Ville et le Conseil national veulent interdire les traitements visant à «guérir» les homos. Le Conseil fédéral s'y oppose.

par
las/vsm
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Les thérapies de conversion controversées pour les homosexuels sont encore légales en Suisse.

Les thérapies de conversion controversées pour les homosexuels sont encore légales en Suisse.

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En réponse à une demande du Grand Conseil, le gouvernement du canton de Bâle-Ville veut faire en sorte que les traitements soient interdits.

En réponse à une demande du Grand Conseil, le gouvernement du canton de Bâle-Ville veut faire en sorte que les traitements soient interdits.

Keystone/Georgios Kefalas
Rosmarie Quadranti, conseillère nationale (PBD) de Zurich, appelle également à une interdiction au niveau fédéral.

Rosmarie Quadranti, conseillère nationale (PBD) de Zurich, appelle également à une interdiction au niveau fédéral.

Keystone/Alessandro Della Valle

Dans un communiqué, le gouvernement du canton de Bâle-Ville explique qu'il condamne les traitements visant à «guérir» les personnes homosexuelles. Il plaide ainsi en faveur d'une interdiction au niveau fédéral. Ce qui donnerait un «signal important» sur cette question au niveau du droit pénal.

Lukas Ott, responsable du développement cantonal et urbain de la Ville, soutient cette position: «Une interdiction pousserait les autorités à enquêter sur certains cas et rendrait possibles des sanctions qui n'existent pas aujourd'hui», explique-t-il au journal «BZ Bazel».

Beaucoup de discussions mais aucun succès

Le gouvernement cantonal justifie cette idée par le fait qu'aucune étude sérieuse n'a réussi à prouver que l'orientation sexuelle pouvait être modifiée par des mesures thérapeutiques. D'autre part, un grand nombre d'études font état d'effets secondaires néfastes tels que la dépression, l'anxiété et des tendances suicidaires.

Le Conseil fédéral ne veut pas d'interdiction

La conseillère nationale Rosmarie Quadranti (ZH/PBD) avait déposé une motion en juin 2019 dans laquelle elle demandait au Conseil fédéral d'interdire les thérapies de conversion. Début septembre, le Conseil fédéral s'est prononcé négativement sur cette demande. La réponse se résume en deux points: tout d'abord, les mécanismes existants sont suffisants pour protéger les gens. Ensuite, il n'est pas possible d'interdire les thérapies parce qu'il n'existe pas de législation spécifique dans laquelle l'interdiction peut être intégrée.

Le choc

«Je suis choqué que le Conseil fédéral ne voit toujours pas la nécessité d'agir», déclare Roman Heggli, porte-parole de l'organisation LGBTIQ Pink Cross Suisse. Il estime également qu'une interdiction aurait une signification symbolique importante. «Particulièrement pour les parents qui envisagent d'envoyer leur enfant suivre une telle thérapie puisqu'ils sauraient qu'ils font quelque chose de mal», explique-t-il.

Pour lui, il s'agit clairement d'un manque de volonté politique au niveau fédéral: «La décision est probablement due à la majorité conservatrice» note-il.

Des cas en Suisse

Roman Heggli raconte que les thérapies contre l'homosexualité sont encore fréquentes en Suisse. Il se réfère notamment à un cas à Küssnacht (SZ). Le magazine Gesundheitstipp avait été invité à une séance de thérapie d'un «guérisseur gay» en avril afin d'avoir un aperçu de ses pratiques.

Le groupe Queerpuzzles, qui s'engage entre autres pour la jeunesse homosexuelle, a ainsi écrit une lettre ouverte au canton de Schwyz dans laquelle le groupe exige que la licence professionnelle de l'homme soit révoquée. Quant à Roman Heggli, il espère que la motion de Rosemarie Quadranti sera acceptée au Parlement malgré le rejet du Conseil fédéral afin que de tels cas ne se reproduisent plus.

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