Actualisé 29.08.2011 à 17:53

Syrie La répression fait 6 tués

Six personnes ont été tuées lundi en Syrie par les forces du président Bachar al-Assad. Sur le plan diplomatique, la Russie a dépêché un émissaire à Damas.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a indiqué que cinq personnes, dont un enfant, avaient été tuées par des tirs dans une opération de perquisition menée par les forces de sécurité et l'armée syrienne à Sarmin, une localité proche d'Edleb (nord-ouest). Une soixantaine de personnes ont été blessées.

Un sixième homme a été abattu à Qara, près de Damas, par la sécurité syrienne qui perquisitionnait sa maison, selon un communiqué du Comité de coordination, qui anime la contestation en Syrie.

Par ailleurs, des chars, des véhicules de transport de troupes ainsi que des véhicules militaires ont pénétré lundi matin dans la localité de Hit, à deux kilomètres de la frontière nord du Liban, selon l'OSDH.

Le même jour, une unité de blindés elle a pris position autour de Rastan, non loin de Homs (centre). Elle a ouvert le feu sur la ville à la mitrailleuse lourde, après la défection de dizaines de soldats dans le secteur, ont rapporté des opposants et des habitants.

Les soldats désertent

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en Libye, les opposants syriens signalent une recrudescence des défections dans les rangs de l'armée ainsi qu'une mobilisation plus importante dans les manifestations en faveur d'un départ du président al-Assad.

Des désertions ont eu lieu dans la province orientale de Daïr az Zour, dans celle d'Idlib (nord-ouest) et dans les environs de Homs. Des défections ont également été signalées dans les faubourgs de la capitale, Damas, où, dimanche, des fusillades ont opposé des unités syriennes à des groupes de déserteurs.

Rappel à l'ordre

Confronté depuis le 15 mars à une contestation sans précédent de son régime, Bachar al-Assad a reçu lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, au moment où Moscou a engagé un bras de fer avec les Occidentaux au sujet des sanctions contre Damas.

L'émissaire russe a transmis à Bachar al-Assad un message du président Dmitri Medvedev portant sur «la position constante de la Russie» au sujet de la crise en Syrie, a indiqué à l'AFP une source officielle syrienne. Depuis Moscou, le Kremlin n'a pas voulu donner plus de précision sur le message.

Dans un communiqué, le Kremlin a toutefois précisé qu'au cours des discussions entre les deux hommes, la Russie «a mis l'accent sur la nécessité d'un arrêt immédiat des violences d'où qu'elles viennent et la prise de mesures concrètes pour mettre en oeuvre les réformes annoncées» par les autorités syriennes.

Vendredi, la Russie s'était opposée aux Occidentaux au Conseil de sécurité de l'ONU. Elle avait présenté un projet de résolution sur la Syrie éliminant les sanctions contre Damas, contrairement au projet européen, se contentant d'appeler le régime syrien à accélérer les réformes.

Présenté par la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Portugal, et soutenu par les Etats-Unis, le projet européen appelle à un gel des avoirs financiers du président al-Assad et de son entourage, ainsi qu'à un embargo sur les armes.

L'Iran dément son implication

Un autre allié traditionnel de Damas, l'Iran, a nié lundi tout rôle en Syrie et dénoncé les sanctions de l'Union européenne contre l'unité Qods (forces spéciales des Gardiens de la révolution). Cette dernière est accusée d'avoir aidé le régime syrien à réprimer les manifestations de protestations.

«Nous démentons tout rôle dans les affaires intérieures de ce pays», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, dans un communiqué. L'Iran accuse les pays occidentaux et certains pays arabes d'attiser et d'exploiter le mouvement de contestation en Syrie.

(ats)

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