Vaud - «La répression ne suffit pas contre le trafic de drogue»
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Vaud«La répression ne suffit pas contre le trafic de drogue»

Pour lutter contre le deal et la consommation de stupéfiants, le canton mise sur le dialogue et l’empathie.

par
Gaëlle Monayron
«Les produits sur le marché sont de plus en plus forts», assure Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la santé et de l’action sociale.

«Les produits sur le marché sont de plus en plus forts», assure Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la santé et de l’action sociale.

Laurent Guiraud/TDG

Le Conseil d’Etat a dévoilé mardi lors d’une conférence de presse les mesures phares de son plan d’action. Ainsi, des professionnels équipés de l’appareil NIRLab, développé par l’Ecole des sciences criminelles de Lausanne, seront placés dans des lieux festifs ciblés pour effectuer du Drug checking. Cette technologie, qui ressemble fort à une petite lampe de poche, permet de scanner les composants d’un produit en seulement quelques secondes. «On veut donner aux consommateurs la possibilité de s’informer avant de consommer, pour plus de sécurité», explique Rebecca Ruiz, conseillère d’Etat. La démarche sera anonyme et permettra en même temps aux autorités de garder un œil sur l’évolution des tendances de consommation. Par ailleurs, le canton promet de «jouer le jeu»: le Drug checking se fera dans des espaces sécurisés, et «les forces de l’ordre ne seront pas à côté, en train d’attendre le consommateur pour le coincer», assure la conseillère. «La répression ne suffit pas contre le trafic de drogue», estime Béatrice Métraux, conseillère d’Etat.

La police et l’Office du Médecin cantonal (OMC) vont également commencer à collaborer. Dans le cas par exemple d’une opération régulière, et non d’une descente de police surprise, l’OMC devra prévenir en amont les consommateurs, et les orienter vers des pharmacies volontaires où leur matériel pourra être échangé contre du matériel d’injection stérile. Le but? Réduire les risques d’infections en évitant que les seringues usagées ne soient abandonnées sur l’espace public. Par ailleurs, le canton veut aussi renforcer les effectifs de la Division flagrant délit de la brigade des stupéfiants, et étendre l’interdiction de périmètre pour les dealers arrêtés de 24 heures à trois mois au maximum.

L’ultime traitement se déploie

Le Conseil d’Etat a également décidé d’élargir le programme DAM, au-delà des frontières lausannoises. Il s’agit d’un traitement qui s’adresse aux personnes pour qui les soins de première ligne n’ont pas fonctionné. Aujourd’hui, seul le CHUV le propose au sein du canton. «C’est efficace, mais contraignant, explique Rebecca Ruiz. Il faut venir à Lausanne tous les jours, même deux fois par jour parfois». Estimant que cela puisse être un facteur dissuasif, Vaud a donc décidé d’étendre les possibilités de traitement à d’autres sites.

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