Actualisé 26.08.2009 à 07:57

Crise financière

La reprise, quelle reprise?

Alors que plusieurs indicateurs internationaux annoncent la fin de la crise financière et l'esquisse d'une reprise, comment interpréter les pertes enregistrées par les entreprises suisses et la hausse du chômage?

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Le Fonds Monétaire International (FMI) et l'Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) sont catégoriques, la reprise est en vue. La crise financière a atteint un plancher, et les économies mondiales devraient prochainement limiter leurs pertes, et peut-être renouer avec la croissance l'an prochain.

Dans ces conditions, comment interpréter les mauvais résultats des entreprises suisses au deuxième semestre 2009, ou le fait que certaines sociétés helvétiques continuent à licencier massivement? «Il y a clairement des signes d'une amélioration, confirme Michel Girardin, conseiller économique à l'Union bancaire privée. Mais la question est de savoir si elle sera durable». L'équilibre reste donc fragile et il faut faire preuve de patience.

La stabilisation du marché immobilier américain, et l'émergence de puissances comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, sont des bonnes nouvelles pour l'économie suisse, particulièrement tournée vers l'exportation. «Mais la reprise devrait se faire en U et pas en V», précise Michel Girardin. C'est-à-dire que la reprise devrait être lente. On pourrait observer «une croissance positive molle en 2010-2011». Mais la consommation devrait reprendre.

Le bémol de l'emploi

La question de l'emploi est plus épineuse. Pour Michel Girardin, «l'emploi est un indicateur retardé par rapport à la conjoncture». C'est-à-dire qu'au début d'une crise, les entreprises continuent à embaucher pendant six à douze mois avant de commencer à licencier. Idem en temps de reprise, pendant lesquels les sociétés attendent une durée équivalente avant de commencer à recruter de nouveau.

Cette analyse trouve un écho auprès de l'Office cantonal de l'emploi de Genève, où le taux de chômage est le plus haut de Suisse (6,8% des actifs en juillet contre 3,7% dans le reste du pays). «Il y a un effet retard, explique Bernard Favre, secrétaire général du Département de la solidarité et de l'emploi. C'est pourquoi on anticipe une hausse du chômage sur les 12 prochains mois».

Et le creux de la vague pourrait intervenir l'an prochain, au moment où les personnes licenciées au début de la crise arriveront au terme de le droit aux indemnités chômage. Mais Bernard Favre garde un certain optimiste. Malgré la crise, «Genève continue à créer des emplois, ce qui est assez fabuleux». Ce qui permet surtout au canton du bout du lac de voir son taux de chômage augmenter moins rapidement que la moyenne nationale. «On est pas dans l'euphorie d'un retour à la croissance, même si c'est une chance que l'économie genevoise continue de créer des emplois».

L'augmentation du nombre de chômeurs fausse peut-être notre perception d'une reprise. L'économie entrevoit le bout du tunnel, mais on a l'impression que la consommation stagne à cause des chiffres de l'emploi. La reprise devrait vraisemblablement arriver d'ici l'année prochaine, mais il convient de rester prudent. «Je suis raisonnablement optimiste», conclut ainsi Michel Girardin.

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