Guerre en Ukraine: La retraite de Kherson n'ébranle pas le soutien à Poutine, affirme Douguine

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Guerre en UkraineL’idéologue russe Douguine réitère son soutien à Poutine 

Il a affirmé que la société russe devait se mobiliser «spirituellement et idéologiquement» pour remporter le conflit sans l’utilisation d’armes nucléaires.

La retraite de Kherson a été soutenue, mais une réponse ferme est demandée par les soutiens de Poutine. 

La retraite de Kherson a été soutenue, mais une réponse ferme est demandée par les soutiens de Poutine. 

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L’idéologue ultranationaliste russe Alexandre Douguine, considéré comme l’un des soutiens les plus zélés de l’offensive en Ukraine, a assuré qu’il restait loyal à Vladimir Poutine malgré la défaite de Moscou dans la ville ukrainienne de Kherson.

«L’Occident (...) a commencé à diffuser un fake disant que moi-même et les patriotes russes se détournaient de Poutine depuis la reddition de Kherson et exigeaient prétendument son départ», a indiqué samedi soir Alexandre Douguine sur Telegram. «Souffrir de la perte de Kherson est une chose. Mais notre relation au Commandant en chef en est une autre. Nous sommes loyaux à Poutine et soutiendrons l’opération militaire (en Ukraine) et la Russie jusqu’à la fin.»

Alexandre Douguine promeut de longue date le «néo-eurasisme», appelant à libérer le monde des dérives occidentales en érigeant un empire allant de l’Europe à l’Asie.

Alexandre Douguine promeut de longue date le «néo-eurasisme», appelant à libérer le monde des dérives occidentales en érigeant un empire allant de l’Europe à l’Asie.

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«Limite atteinte»

Vendredi, Alexandre Douguine avait publié un message distinct où il semblait critiquer le Kremlin après la perte de Kherson. Il y affirmait que le pouvoir russe ne pouvait plus «céder une chose de plus» et que «la limite avait été atteinte». Sur la base de ce message, le centre d’analyse américain Institute for The Study of War (ISW) a affirmé dans une note que la retraite de Kherson provoquait «une fracture idéologique entre des personnalités pro-guerre et Vladimir Poutine», ce qui éroderait la confiance dans le président russe.

Alexandre Douguine s’en est défendu. «Si nous avons des griefs, c’est à l’égard des membres de l’élite dirigeante qui s’enfuient déjà et trahissent les uns après les autres le Commandant suprême», a-t-il écrit samedi. Il a aussi affirmé que la société russe devait se mobiliser «spirituellement et idéologiquement» pour remporter le conflit sans l’utilisation d’armes nucléaires.

«Néo-eurasisme»

La retraite de Kherson, ville stratégique du sud de l’Ukraine, a été soutenue publiquement par d’autres personnalités russes demandant pourtant d’employer les solutions les plus radicales en Ukraine, notamment le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov et le chef du groupe paramilitaire Wagner, Evguéni Prigojine.

Alexandre Douguine, 60 ans, promeut de longue date une idéologie, le «néo-eurasisme», appelant à libérer le monde des dérives occidentales en érigeant un empire allant de l’Europe à l’Asie. Fin août, sa fille, Daria Douguina, a été tuée dans un attentat à la bombe près de Moscou, une attaque imputée par la Russie aux services ukrainiens.

(AFP)

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