Actualisé 22.02.2011 à 18:48

Marchés boursiersLa révolte en Libye fait flamber le pétrole

La poussée de violences dans le monde arabe et particulièrement en Libye a fait trembler les Bourses mondiales, en net recul mardi.

La situation libyenne fait flamber les cours de brut, sur fond de craintes d'approvisionnement en gaz et pétrole.

Tokyo (-1,78%), Hong Kong (-2,11%) et Shanghai (-2,62%) ont chuté en clôture. Les pertes sur les Bourses européennes ont été plus limitées: -1,15% à Paris, , -0,92 à Zurich, -0,30% à Londres et - 0,05% à Francfort.

En Italie, partenaire économique très important de la Libye, la Bourse de Milan, qui avait chuté lundi de 3,59%, a cédé encore 1,06% à la clôture.Fermée la veille, la Bourse de New York reculait aussi, le Dow Jones perdant 0,89% et le Nasdaq 1,74% vers 18h00 (heure suisse).

Soucis pétroliers

Première source de préoccupation: le pétrole, qui a atteint des niveaux inédits depuis 2008, en raison principalement de l'escalade meurtrière en Libye, l'un des principaux producteurs d'or noir en Afrique, qui fait peser une menace directe sur l'approvisionnement.

Vers 18h00, le baril de pétrole s'envolait de 5,65 dollars à 91,85 dollars à New York. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord avait atteint un pic à 108,57 dollars dans la matinée, un prix inédit depuis septembre 2008.

L'Opep se veut rassurante

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) accroîtra sa production si jamais une pénurie devait intervenir sur le marché du fait des mouvements de contestation au Moyen-Orient, a affirmé le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaimi. Les Etats-Unis ont appelé l'ensemble des pays producteurs à augmenter leur production en réponse à l'envolée des cours.

La situation dans le monde arabe a créé une réaction en chaîne au sein du monde économique. Outre la paralysie des économies des pays concernés - tourisme en berne, Bourses ou banques fermées -, elle touche de plein fouet les entreprises qui y sont implantées.

L'insurrection qui frappe la Libye a déjà commencé à freiner la production d'hydrocarbures du pays: le groupe pétrolier espagnol Repsol y a suspendu ses activités et l'italien ENI, premier producteur étranger d'hydrocarbures en Libye, a annoncé la suspension temporaire de «certaines» de ses activités de production de pétrole et de gaz.

Mais la crise en Libye frappe également les sociétés dans les secteurs du tourisme ou celles ayant de gros besoins pétroliers, à commencer par les compagnies aériennes. A la Bourse de Paris, le titre du groupe Air France-KLM a chuté de 3,04%, pénalisé par l'envolée des cours du pétrole. Même chose à Francfort pour Lufthansa, maison-mère de Swiss.

L'euro a reculé dans la matinée, avant de se stabiliser un peu en dessous de 1,37 dollar. A l'inverse, les traditionnelles valeurs-refuge, comme l'or ou le franc suisse, ont connu une réelle ascension. Le franc se négociait vers 18h30 à 0,9394 dollar, soit près de son plus haut historique de 0,93 dollar atteint à Nouvel-An. L'euro s'affichait à 1,2829 franc.

Outre l'approvisionnement en pétrole, l'inquiétude qui pèse sur les économies mondiales est de voir les troubles au Moyen-Orient plomber la timide reprise, la hausse du brut entraînant une augmentation des prix des carburants, puis des prix en général, dans des pays à peine remis de la grave crise de 2008/2009.

(ats)

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