Crise du lait: La «révolte paysanne» est en route
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Crise du laitLa «révolte paysanne» est en route

Alors que les producteurs de lait défilent aujourd'hui dans les rues de Genève et Yverdon pour dénoncer les pressions sur le prix du lait, leur colère stigmatise le mal être de tout le secteur agricole.

par
tpi

Moins de pression sur le prix du litre et une meilleure gestion des contingents; voilà les principales revendications des producteurs de lait qui descendent quotidiennement dans les rues du pays depuis lundi dernier. Le symbole de leur mécontentement reste le prix du liquide. Chaque litre produit coûte en effet entre 97 centimes et 1,17 franc suisse à l'agriculteur, alors qu'on le lui achète environ 55 centimes. Un écart inacceptable et qui tenderait à asphyxier la profession, selon certains de ses acteurs.

Chez le syndicat agricole Uniterre, les causes de la crise sont rapidement identifiées. Il y a environ 27'000 producteurs de lait en Suisse, mais seulement quatre grandes sociétés acheteuses, qui transforment le produit, et deux principaux distributeurs que sont Migros et Coop. «Les acheteurs et les distributeurs ont provoqué un état de surproduction qui a fait pression sur les prix», explique Valentina Hemmeler, secrétaire syndicale chez Uniterre. Il faudrait donc rétablir l'équilibre. C'est-à-dire baisser le niveau de production d'environ 5%, et obliger les acheteurs à payer un prix au litre qualifié de juste, et établi aux alentours de 1 franc suisse.

Une crise plus profonde

«On doit se poser la question de savoir si l'on veut encore une production agricole en Suisse, renchérit Valentina Hemmeler. C'est un choix de société». Car la crise qui couve depuis plus d'un an autour du prix du lait a pris une nouvelle proportion en ce mois de septembre. Les producteurs européens ont lancé le mouvement le 10 septembre dernier et leurs confrères suisses leur ont emboité le pas au début de cette semaine. Chez Uniterre, on a même décrété l'état de «révolte paysanne».

Le prix du lait cristallise en effet les craintes de tout le secteur agricole. En Suisse, le nombre d'exploitations laitières représente presque le tiers des 60'000 entreprises paysannes. La fébrilité du secteur laitier menace donc l'équilibre de l'entier du monde agricole. Si rien n'est fait pour améliorer la situation des producteurs de lait, ceux-ci pourraient être tentés de se tourner vers d'autres types d'exploitation – comme les céréales ou la viande – et déplacer le problème ailleurs.

C'est pour cette raison, selon Uniterre, qu'il faut faire pression sur les acheteurs et les distributeurs de lait, ainsi que sur l'Office fédéral de l'Agriculture, pour qu'une meilleure régulation de la branche soit mise en place. Il faut aussi que les 27'000 producteurs de lait, répartis en plus de 40 associations, accordent leurs violons pour donner plus de poids à leur action.

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