Actualisé 19.04.2007 à 12:17

La «révolution orange» contre Royal et Sarkozy

Ils sont élus, militants ou sympathisants et ont rejoint récemment la «révolution orange» de François Bayrou qui veut renverser les «bastilles Royal et Sarkozy».

Dans leur bouche, le «courage» et la «rupture des clivages» reviennent souvent en parlant du candidat de l'UDF.

Mercredi soir, ils étaient plus de 15 000 à être venus encourager M. Bayrou au Palais omnisports de Paris-Bercy pour son dernier grand meeting avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Avant son arrivée, les militants, beaucoup de jeunes, comme Johanna, 20 ans, et les organisateurs chauffent la salle. Une délégation de Wasquehal (nord) répète ses chants comme «Bayrou en finale» et «Tous à gauche, tous à droite».

Le Nancéen Valentin, 38 ans, T-Shirt orange comme beaucoup de «bayrouistes», a adhéré il y a 18 mois. Il estime que le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy «ne connaît pas la France». A ses côtés, élu et membre de longue date de l'UDF, Marc Saint-Denis dit avoir attendu ce moment depuis 5 ans. Il n'a jamais lâché M. Bayrou.

«Larmes aux yeux»

Certains de ces nouveaux militants sont partis du PS, comme Moustapha, 45 ans, ou de la droite, comme Jérémie, 30 ans, rallié depuis janvier. «Nicolas Sarkozy aura une opposition similaire à celle qu'aurait Le Pen» en cas d'élection, estime-t-il.

D'autres comme «Renardberbère», enseignant à la retraite d'Annecy, qui a pris ce pseudonyme pour ses messages sur le site internet du candidat, ne s'imaginaient pas là il y a quelques mois.

«Renardberbère» confie avoir voté pour M. Bayrou en 2002, «par sympathie». Mais un reportage télévisé sur le candidat a fait passer son engagement à la vitesse supérieure. «J'ai eu les larmes aux yeux», avoue-t-il.

Trois jours plus tard, il assistait à un meeting à Annecy. Désormais, il écrit deux pages par jour sur le Forum du candidat et distribue ses tracts «maison» dans sa ville.

«Sympa et honnête»

Dans les entrailles du Palais, derrière une forêt de caméras et de micros, l'un des transfuges les plus médiatisés dit ne pas avoir «d'explication métaphysique» de la vague pro-Bayrou, mais celle du terrain. «Les Français ont besoin d'oxygène», déclare Azouz Begag, qui a récemment démissionné du gouvernement.

Lahouari, 49 ans, adhérent depuis un an et demi, dit aimer cette envie de dépasser les clivages en rassemblant les compétences, alors que la candidate socialiste Ségolène Royal et M. Sarkozy «se battent seulement pour le pouvoir».

Militant en herbe, son fils Reda, 9 ans, évoque un homme «sympa et honnête» en parlant de M. Bayrou.

Arrivé en Rock star avec une heure de retard et après avoir traversé la salle pendant dix minutes, le candidat ne se prive pas de rappeler son maître-mot en refrain dans son discours.

«Serein»

«Cette France-là ne vous convient pas, nous avons décidé de la changer», lance-t-il en cadence. Des phrases saluées par des «Bayrou président». Le candidat évoque une «révolution orange» comme en Ukraine. Il veut faire tomber le Mur de Berlin gauche- droite et prendre les bastilles Royal et Sarkozy.

Ralliée très tôt après avoir renoncé à sa candidature, l'ancienne ministre de l'environnement Corinne Lepage exprime ce «ras-le-bol» des sortants. Son candidat a été «excellent, serein, confiant» ce soir, dit-elle.

Le ministre de la recherche François Goulard, l'ancien champion olympique de judo Djamel Bourras et l'ancien PDG du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, sont eux aussi venus. (ats)

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