La revue «XXI» cartonne en tant que livre-magazine
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La revue «XXI» cartonne en tant que livre-magazine

La revue «XXI» brise les codes de la presse et de l'édition. Et c'est un succès.

Selon la légende, Antoine Gallimard aurait décidé en trente secondes de verser 90 000 euros (144 000 fr.) pour participer à l'aventure de la revue XXI, dont il a acquis le 20% des actions. Avec un autre éditeur, Charles-Henri Flammarion, qui a aussi soutenu ce trimestriel d'actualité de haut vol, il a eu fin nez.

Depuis janvier, XXI figure parmi les meilleures ventes de livres en France, en Belgique et au Canada. Le numéro 1 s'est écoulé à 45 000 exemplaires, le second à 35 000, alors que le seuil de rentabilité est de 20 000 exemplaires. Tandis que le 3e numéro vient de sortir, le premier continue à se vendre.

La formule du livre-magazine brise les codes de l'édition. Son côté atemporel crée un effet collector. Avec des reportages de journalistes, de romanciers, de photographes et de dessinateurs de BD, XXI rappelle les titres phares des années 1980, comme Actuel ou L'autre journal, qui mêlaient littérature et journalisme. Outre son format inhabituel à l'italienne, XXI refuse aussi toute publicité, un luxe dans la presse.

«Nous avons été rentables dès le premier numéro», confie l'éditeur Laurent Beccaria (les Arènes), co-fondateur de XXI. Avec le journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry, il a levé 450 000 euros (730 000 fr.) de capital. La revue coûte 15 euros (24 fr.). C'est cher pour un magazine et bon marché pour un livre. Les moins de 30 ans, les femmes et les retraités adorent. Sauf en Suisse, où le décollage n'a pas eu lieu.

Giuseppe Melillo

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