Votations du 27 septembre (3/5)La ristourne sur les impôts des plus riches vacille aussi sur sa droite
Les déductions fiscales pour enfants et pour frais de garde profiteront à 60% des familles si elles sont acceptées. Mais le camp des opposants a fini par attirer aussi des libéraux.
- par
- Yannick Weber
Certaines familles pourront bénéficier de plus grandes déductions pour l’impôt fédéral direct (IFD) si le peuple accepte la proposition qui lui est faite le 27 septembre. Dans un premier temps, il a été décidé de permettre aux parents d’augmenter la déduction maximale pour frais de garde: celle-ci pourra être poussée jusqu’à 25’000 francs, contre 10’100 francs aujourd’hui. Coût de la mesure pour les finances fédérales: 10 millions par an.
Le but principal est de pousser des parents à reprendre une activité professionnelle ou à augmenter leur taux de travail sans être ensuite sanctionnés par des charges fiscales élevées. Selon les calculs de la Confédération, environ 2500 postes de travail pourraient ainsi être repourvus et l’on pourra «mieux concilier famille et travail».
Deuxième déduction contestée
Le Parlement, sous l’impulsion de membres du PDC et avec le large soutien de l’UDC, a décidé ensuite, contre l’avis du Conseil fédéral, d’augmenter également la déduction générale pour enfants, afin de ne pas laisser sur le carreau les familles qui se chargent elles-mêmes de la garde et leur permettre un meilleur pouvoir d’achat. La déduction passera de 6500 à 10’000 francs. Là, le coût pour les caisses publiques a par contre été estimé à hauteur de 370 millions de francs par an.
Le Parti socialiste s’oppose à cette modification de loi, car plus les familles ont un salaire élevé, plus la ristourne qu’elles obtiendront sera grande. «Une arnaque fiscale aux dépens de la classe moyenne», tranche le comité opposé au projet.
Ueli Maurer aussi sceptique
Le gouvernement indique que les 40% des familles les moins aisées ne paient pas l’IFD et qu’elles ne profiteront donc pas d’un tel changement. «Ainsi vous n’allégez pas le fardeau des classes moyennes, mais celui des plus hauts revenus», avait d’ailleurs exprimé Ueli Maurer lui-même devant les parlementaires.
Les 370 millions de pertes fiscales engendrées par ce deuxième volet de déductions passent mal également pour une partie de la droite. Un comité composé de membres du PLR et des Vert’libéraux a appelé à s’opposer au projet. Pour eux, c’est trop d’argent pour une mesure qui n’apportera pas de bénéfices sur le marché du travail.
Malgré la diversité des opposants, le Conseil fédéral et le Parlement dans son ensemble recommandent au peuple de voter «oui». D’après les premiers sondages, le résultat s’annonce serré, mais est en bonne voie pour être accepté.
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