Actualisé 16.06.2018 à 07:37

Football - Coupe du mondeLa Russie, c'est presque le Pérou

Ils jouent à Saransk, Ekaterinbourg et Sotchi, mais ne cessent de faire le show à Moscou. Que se passe-t-il avec les fans péruviens?

de
Robin Carrel, Moscou
Les fans péruviens sont la sensation de ce début de Mondial, même sans que leurs protégés aient joué.

Les fans péruviens sont la sensation de ce début de Mondial, même sans que leurs protégés aient joué.

Keystone/AP/Alexander Zemlianichenko

Depuis notre arrivée dans la capitale russe mardi dernier, on croise des maillots d'un peu toutes les sélections de cette Coupe du monde 2018, et c'est bien normal. Sauf qu'un paletot revient sans cesse, presque comme un litanie: le splendide chandail blanc barré de rouge de l'équipe sud-américaine. Pourquoi? Comment? Enquête!

On parle tout de même d'une contrée de 32 millions d'habitants, soit grosso modo la moitié de la France. Les Péruviens sont férus de football, ce n'est plus à prouver, mais ils ont surtout été frustrés de participation à un Mondial depuis la bagatelle de 36 ans. Ils avaient alors été éliminés en phase de poules d'«España 82», après deux nuls (0-0 contre le Cameroun et 1-1 contre l'Italie) et une défaite (5-1 face à la Pologne).

La «Blanquirroja» a donc fait de cette Coupe du monde une énorme fête et ses supporters le lui rendent bien. Le président du pays, Pedro Kuczynski, l'avait bien compris et pris une décision qui va sans doute lui valoir quelques voix gratuites aux prochaines élections: faire de la journée décisive pour la qualification dans la région AmSud un jour férié. Bien vu. Imaginez Alain Berset... Bref.

Les Latinos s'occupent de l'ambiance

Les Sud-Américains et les fans du Mexique sont les premiers à déferler sur la Place Rouge. Les autres sont un peu plus timides.

Les fans péruviens ont acheté la bagatelle de 43'583 tickets pour la compétition et c'est énorme. En comparaison, les supporters anglais, réputés pour leur goût des voyages, n'en ont acquis que 32'362. La peur des hooligans n'explique pas tout. Les Sud-Américains ont voyagé à plus de 15'000 en Russie – 25 heures de vol et 5 avions différents quand même pour certains –, alors que l'ensemble de leur voyage coûte jusqu'à 40 fois le salaire moyen au pays.

En plus, les Péruviens n'ont pas froid aux yeux, malgré une attaque emmenée par deux vétérans, Jefferson Farfan, qui connait bien le pays pour évoluer au Lokomotiv Moscou, et Paolo Guerrero, autorisé en dernière minute à participer à la Coupe du monde malgré des soupçons de dopage. Ils visent clairement en Russie la première place d'un groupe pourtant ardu, avec la France, l'Australie et le Danemark, qu'ils affronteront samedi à 18 heures.

«Nous ne pensons pas à la deuxième place, nous voulons nous qualifier comme premiers, ou comme deuxièmes, mais l'objectif c'est d'être premiers, pour ne pas avoir un rival difficile en 8es de finale, a assuré l'attaquant André Carrillo, attaquant de Watford en Angleterre. Je ne pourrais pas dire si nous avons une sorte de pression. Du peuple, nous ne ressentons aucune forme de pression parce que nous avons tout son soutien.» Et sur place, ça se voit.

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