Actualisé 11.09.2008 à 19:35

GéorgieLa Russie hausse le ton face à l'Ukraine et aux Etats-Unis

La Russie a haussé le ton jeudi face à l'Ukraine et aux Etats-Unis.

Elle a également exhorté les Occidentaux à reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, deux territoires séparatistes géorgiens.

«Les autorités ukrainiennes ont récemment poursuivi une politique que nous percevons comme inamicale à l'égard de la Russie», a déclaré le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué publié sur son site internet.

Flotte russe en Crimée

Le gouvernement pro-occidental de Kiev est accusé notamment de «porter, par ses livraisons d'armes lourdes à l'armée géorgienne, une part de responsabilité dans le sang versé» lors du conflit russo-géorgien, en août. Moscou lui reproche également de «monter constamment en épingle la question de la durée de la présence de la Flotte» russe en Crimée.

Dans un entretien publié jeudi dans le quotidien français «Le Monde», le président ukrainien Viktor Iouchtchenko réaffirme que la flotte russe de la mer Noire basée en Crimée est la source de «multiples problèmes, pas seulement militaires, non résolus».

La flotte russe de la mer Noire est stationnée dans le port ukrainien de Sébastopol (péninsule de Crimée, sud) aux termes d'un accord conclu entre les deux pays en 1997 pour vingt ans. Kiev a imposé en août par décret des restrictions aux mouvements de cette flotte, engagée dans le conflit armé entre la Russie et la Géorgie.

Moscou reproche également à Kiev son ambition de vouloir rejoindre l'OTAN, une volonté qu'elle juge «en contradiction avec l'accord de 1997 et avec les intérêts de la sécurité de la Russie».

«Régimes pourris»

Le président russe Dmitri Medvedev s'en est pour sa part pris à Washington. Alors que les Etats-Unis commémoraient les attentats du 11 septembre 2001, il a affirmé que Washington ferait mieux de «coopérer» avec Moscou contre le terrorisme que de développer des relations «avec des régimes pourris», dans un allusion à la Géorgie.

Face à «l'agression commise par la Géorgie et sa militarisation continue», la Russie va se concentrer sur «le renouvellement de son équipement militaire», a-t-il ajouté.

Appel à la reconnaissance

Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a par ailleurs exhorté les occidentaux à accepter «les nouvelles réalités» du Caucase en reconnaissant comme Moscou l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

Dans le même temps, le dirigeant abkhaze Sergueï Bagapch a annoncé jeudi que sa république allait signer avec la Russie un accord prévoyant l'installation de bases militaires russes, «pour éviter les agressions» géorgiennes. Selon lui, cette question est «pratiquement réglée».

Son homologue sud-ossète Edouard Kokoïty a de son côté semé le trouble jeudi en annonçant l'intention de sa république d'entrer dans la Fédération de Russie, avant de revenir sur ses déclarations. Sergueï Lavrov a par la suite exclu tout rattachement de l'Ossétie du Sud à la Russie.

Retrait russe

Sur le terrain, dans l'ouest de la Géorgie, les soldats russes ont continué à plier lentement bagages jeudi. Dans trois des cinq postes d'observation qui doivent être démantelés d'ici lundi soir le long de la ligne Poti-Senaki, des camions chargeaient du matériel et les soldats retiraient les sacs de sable et autres matériaux de protection installés autour des campements.

Les Etats-Unis ont toutefois accusé mercredi Moscou de «violer» l'accord de paix en envisageant de maintenir près de 8000 hommes au total en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

«Ces types, ils cherchent tout le temps à se dégager de tous les engagements qu'ils ont pris», a dénoncé le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack. «Il faut qu'ils s'en aillent de Géorgie. Il faut qu'ils arrêtent de trouver des excuses pour ne pas le faire».

(ats)

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