Guerre en Ukraine: «La Russie n’a pas autant de missiles que notre peuple a envie de vivre»
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Guerre en Ukraine«La Russie n’a pas autant de missiles que notre peuple a envie de vivre»

Alors que Volodymyr Zelensky ne doute pas de la victoire, l’Otan, plus sombre, pense que le conflit pourrait durer des années.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de sa visite de la position des troupes ukrainiennes dans la région de Mykolaiv le 18 juin 2022.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de sa visite de la position des troupes ukrainiennes dans la région de Mykolaiv le 18 juin 2022.

AFP

De retour du front sud, le président ukrainien Volodymyr Zelensky assure dimanche que ses troupes gardent le moral et ne doutent pas de la victoire face aux Russes, «Nous ne donnerons le Sud à personne, nous allons tout reprendre, et la mer sera ukrainienne, elle sera sûre», a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram alors qu’il rentrait à Kiev. Ses propos ont été suivis par une évaluation plus sombre de la situation par le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, selon qui la guerre pourrait durer «des années».

«Nous allons tout reconstruire»

Les forces russes concentrent leur puissance de feu sur l’est et le sud de l’Ukraine ces dernières semaines. «Les pertes sont importantes. De nombreuses maisons ont été détruites, la logistique civile a été perturbée, il y a de nombreux problèmes sociaux», a déclaré le président ukrainien. Malgré tout, Volodymyr Zelensky ne doute pas de sa victoire: « Nous allons définitivement reconstruire tout ce qui a été détruit. La Russie n’a pas autant de missiles que notre peuple a envie de vivre», a-t-il ajouté.

Le président de l’Ukraine a remercié les soldats, qui contiennent la poussée des troupes russes, soutenues à l’est depuis la Crimée annexée, pour leur «service héroïque». «Il est important que vous soyez vivants. Tant que vous êtes vivants, il y a un mur ukrainien solide qui protège notre pays», leur a-t-il dit.

Combats acharnés

Des combats acharnés font notamment rage près de Severodonetsk, dans la région du Donbass (est), partiellement contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014 et dont la Russie s’est fixé pour objectif de prendre le contrôle total. «Une expression dit: il faut se préparer au pire et le meilleur viendra de lui-même», a déclaré samedi Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk, qui abrite notamment les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk.

«La situation est difficile, dans la ville (de Lyssytchansk) et dans toute la région», a-t-il souligné, car les Russes «bombardent nos positions 24 heures sur 24». Les habitants de Lyssytchansk se préparaient à être évacués : «Nous abandonnons tout et nous partons. Personne ne peut survivre à une telle frappe», a déclaré une habitante, Alla Bor, professeur d’histoire. Plus tôt dans la journée, Serguiï Gaïdaï avait fait part de «davantage de destruction» encore à l’usine chimique assiégée Azot à Severodonetsk, où se cachent plus de 500 civils, dont 38 enfants.

Négociations

C’est enfin au nord, depuis le Bélarus d’où les forces russes avaient débuté leur attaque, que les Ukrainiens craignent à nouveau une offensive. Dans un entretien publié cette semaine par le National Defense Magazine, une publication américaine spécialisée, le général Volodymyr Karpenko, chef de la logistique de l’armée de terre ukrainienne, a reconnu que l’Ukraine avait perdu «environ 50%» de ses armements. David Arakhamia, chef de la délégation ukrainienne a expliqué que l’Ukraine ne négocierait qu’après avoir repoussé les forces russes: «Un accord a minima (pour des négociations, ndlr), ce serait si nous les repoussions ou s’ils repartaient de leur plein gré aux positions qu’ils occupaient avant le 24 février» , a-t-il dit.

Les autorités prorusses de la «république» autoproclamée de Donetsk ont de leur côté affirmé que des bombardements ukrainiens sur la ville avaient fait cinq morts et 12 blessés parmi la population civile.

La guerre est loin d’être finie

Pour Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, la guerre est loin d’être finie. Dans une interview publiée dimanche par le quotidien allemand Bild, il exhorte les pays occidentaux à inscrire leur soutien à Kiev dans la durée. «Nous ne devons pas faiblir dans le soutien à l’Ukraine, même si les coûts sont élevés, pas seulement en ce qui concerne le soutien militaire mais aussi en raison des prix de l’énergie et de l’alimentation qui montent», a-t-il déclaré.

(AFP)

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