Syrie: La Russie ouverte à un départ de Bachar al-Assad
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SyrieLa Russie ouverte à un départ de Bachar al-Assad

Pour la première fois, Moscou s'est dit mardi ouvert à un départ éventuel du président syrien. De son côté, Damas a autorisé l'ONU à acheminer du matériel humanitaire.

Didier Burkhalter (droite) a assuré mardi à Genève auprès de Kofi Annan du soutien de la Suisse à son plan de paix

Didier Burkhalter (droite) a assuré mardi à Genève auprès de Kofi Annan du soutien de la Suisse à son plan de paix

La Russie, allié indéfectible de Damas depuis le début de la révolte syrienne, s'est montrée mardi ouverte à un départ du pouvoir du président Bachar al-Assad, réclamé par l'opposition depuis des mois. La Syrie a de son côté autorisé mardi l'ONU et des ONG à apporter une aide humanitaire dans le pays.

«Nous n'avons jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique», a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov à l'agence Itar-Tass.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, avait jugé fin mai que le départ du président Assad était «le seul moyen de sauver le plan» de sortie de crise de Kofi Annan. Alors que la communauté internationale, divisée, cherche toujours des moyens de faire pression sur le régime Assad, le président russe Vladimir Poutine a entamé une visite de trois jours en Chine, consacrée en partie à la situation syrienne.

La Russie et la Chine, alliées de Damas, sont opposées à toute intervention armée, ainsi qu'au renversement par la force du président Assad. Elles ont opposé leur veto à deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime syrien pour la répression de la révolte lancée en mars 2011.

La Suisse soutient le plan Annan

De son côté, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a assuré mardi à Genève auprès de Kofi Annan du soutien de la Suisse à son plan de paix. Lors d'un entretien avec l'ex-secrétaire général de l'ONU, le chef de la diplomatie suisse a insisté sur la défense des droits de l'homme et la lutte contre l'impunité.

«Préoccupé par la situation des droits de l'homme en Syrie», M. Burkhalter a témoigné du «souci de la Suisse de faire en sorte que les crimes commis en Syrie ne restent pas impunis», a affirmé à l'ats le porte-parole du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Jean-Marc Crevoisier.

Pressée de toutes parts, la Syrie a fait un petit pas vers le plan de paix de Kofi Annan, en autorisant l'ONU et des ONG à apporter de l'aide humanitaire dans quatre provinces. Un point qui figure dans le document de M. Annan. Après des missions de reconnaissance dimanche, des organisations humanitaires pourront s'installer à Homs (centre), Idleb (nord-ouest), Deraa (sud) et Deir Ezzor (est), pour distribuer une aide alimentaire et médicale.

«Cet accord a été conclu à Damas, par écrit, avec le gouvernement (syrien)», a déclaré John Ging, qui présidait une réunion organisée à huis clos à Genève sur les aspects humanitaires de la crise. La bonne foi du gouvernement (syrien) sera mise à l'épreuve dès aujourd'hui, demain et les jours suivants», a-t-il ajouté devant la presse.

Diplomates «persona non grata»

John Ging a toutefois affiché sa prudence, refusant de s'avancer sur le nombre de travailleurs humanitaires concernés ni sur un calendrier, ajoutant que ces modalités faisaient encore l'objet de discussions avec les responsables syriens.

Damas s'est en revanche montré intraitable en déclarant «persona non grata» les ambassadeurs de plusieurs pays occidentaux, dont la Suisse, les Etats-Unis et la France, pour riposter au renvoi des ambassadeurs syriens.

L'ouverture sur le plan humanitaire du côté du régime syrien a toutefois été assombrie sur le terrain par les combats entre armée et déserteurs qui ont à nouveau fait rage mardi. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ces affrontements ont fait 25 morts.

Par ailleurs, plus de 2000 Syriens se sont réfugiés au cours des trois derniers jours en Turquie, a annoncé le centre turc de gestion des situations de crise (AFAD). Celui-ci dénombre 26'747 réfugiés syriens dans les camps du sud du pays. Les violences en Syrie ont fait au moins 13'400 morts depuis près de 15 mois. (ats)

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