Actualisé 21.09.2017 à 06:41

JusticeLa Russie payera pour la prise d'otages de Beslan

La Cour européenne des droits de l'homme a donné tort à Moscou dans le cas de Beslan, qui avait entraîné la mort de plus de 330 civils.

Le 1er septembre 2004, parents et enfants avaient vécu un calvaire, cinquante-deux heures durant.

Le 1er septembre 2004, parents et enfants avaient vécu un calvaire, cinquante-deux heures durant.

Keystone

La Russie paiera les compensations ordonnées par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour ses défaillances dans la gestion de la prise d'otages de Beslan en 2004, après le rejet de sa demande de renvoi, a annoncé mercredi le ministère russe de la Justice.

«En accord avec la Convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, la décision (concernant le paiement de compensations) est considérée comme entrant en vigueur», a annoncé le ministère dans un communiqué.

La CEDH a condamné en avril la Russie à verser plus de trois millions d'euros à 409 requérants, anciens otages blessés et proches de victimes.

«Terrible tragédie»

La Russie avait demandé que l'affaire soit renvoyée devant la Grande Chambre de la CEDH, mais cette décision a été rejetée par un panel de juges.

«Nous regrettons que les arguments des autorités russes n'aient pas été entendus», a indiqué mercredi le ministère de la Justice, y voyant le résultat d'une politique de «deux poids, deux mesures» visant la Russie. «Nous estimons que les circonstances de cette terrible tragédie nécessitaient un examen plus prudent et équilibré» par la Grande Chambre de la CEDH, a-t-il ajouté.

L'instance du Conseil de l'Europe basée à Strasbourg a estimé en avril que les autorités russes avaient pris des mesures de prévention «insuffisantes» au vu de la menace terroriste à l'époque et reproché un usage disproportionné de la force lors de l'assaut par les forces spéciales. Ces conclusions avaient été immédiatement rejetées comme «inadmissibles» par le Kremlin.

1200 personnes prises en otage

Le 1er septembre 2004, un commando islamiste, composé de Tchétchènes et d'Ingouches, avait fait irruption dans une école d'Ossétie du nord, à Beslan, et y avait pris en otages 1200 personnes, en exécutant plusieurs.

Cinquante-deux heures durant, parents et enfants avaient vécu un calvaire, privés d'eau, les tentatives de négociations entre les autorités et les preneurs d'otages ne donnant que de maigres résultats.

Le 3 septembre, une double explosion à l'intérieur du gymnase avait semé la panique, les enfants tentant de fuir sous les tirs des preneurs d'otages. Ces explosions, dont l'origine n'est pas entièrement déterminée, avaient poussé les forces spéciales russes à donner l'assaut.

A la fin de l'opération, plus de 330 civils avaient été tués, dont 186 enfants, plus de 700 blessés, et 12 membres des forces spéciales avaient perdu la vie. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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