Récompense: La Russie pointée du doigt par le jury Martin Ennals
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RécompenseLa Russie pointée du doigt par le jury Martin Ennals

Le jury du prix Martin Ennals a cette année pointé du doigt la Russie. Son prix a été remis mardi à Genève au Joint Mobile Group, un organisme russe qui défend les droits de l'homme en Tchétchénie.

Le Joint Mobile Group (JMG) a été créé par Igor Kalyapin suite aux meurtres de nombreux activistes des droits humains en Russie. Les membres de ce groupe mènent des investigations sur des violations perpétrées en Tchétchénie. Les informations qu«ils récoltent sont ensuite rendues publiques ou utilisées dans le cadre de procédures judiciaires.

Le président du jury du prix Hans Thoolen a expliqué que les dix organisations membres du jury ont choisi l'association russe à la fois pour le courage dont elle fait preuve, les risques affrontés et sa démarche innovatrice.

Avant la cérémonie, Igor Kalyapin a expliqué aux journalistes que les forces de sécurité en Tchétchénie enlèvent, torturent et tuent en toute impunité. La moindre critique contre les autorités de Grozny provoque une enquête, puis la personne disparaît sans laisser de traces.

Nouvelle méthode

«Nous avons mis au point une nouvelle méthode. Nous agissons par rotation sur la base du volontariat», a indiqué M. Kalyapin. Chaque volontaire - militants des droits de l'homme, journalistes - donne un à trois mois de son temps. L'absence de leader complique la répression par les autorités russes. «Cela n'a pas de sens d'assassiner un membre du JMG. Il est immédiatement remplacé», a déclaré M. Kalyapin.

Le fondateur du JMG a affirmé que ce prix est très important pour son association et lui donne une protection supplémentaire. «La société civile est visée dans son ensemble en Russie», a-t-il souligné.

Le Jury du Prix Martin Ennals avait sélectionné deux autres nominés Mona Seif, une Egyptienne fondatrice d'un mouvement qui milite pour l«arrêt des procès militaires intentés à des civils, ainsi que Mario Joseph, avocat de droits humains en Haïti, notamment des victimes de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier.

Hommage de Calmy-Rey

L'ex-conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, présidente de la Fondation Martin Ennals, a rendu hommage aux défenseurs des droits humains, «des acteurs cruciaux qui peuvent faire la différence sur le terrain».

Le Prix Martin Ennals est doté de 20'000 francs plus un défraiement de 5000 francs et une participation à un projet de développement de 11'500 francs. Les deuxième et troisième lauréats reçoivent 5000 francs plus le projet de développement, soit un total de près de 65'000 francs, déboursé à parts égales par la Fondation et la Ville de Genève.

Le jury est composé de dix organismes de promotion des droits humains : Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Front Line, la Commission internationale des Juristes, Human Rights First, le Service international pour les droits de l«Homme, Diakonie Allemagne, Human Rights Information and Documentation Systems (HURIDOCS) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). (ats)

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