Actualisé 12.08.2008 à 04:41

caucaseLa Russie rejette le projet occidental de résolution à l'ONU

La Russie a jugé que le projet de résolution préparé par les diplomates occidentaux à l'ONU demandant un cessez-le-feu immédiat en Géorgie n'était pas acceptable en l'état.

De son côté, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a juré que son pays ne se rendrait jamais.

Le Conseil de sécurité s'est à nouveau réuni à huis-clos lundi à New York pour entendre le compte-rendu du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé du maintien de la paix, Edmond Mulet, sur le conflit entre la Géorgie et la Russie, et discuter d'un projet de résolution préparé dans la journée par les experts américains et européens à l'ONU.

Ce projet était basé sur le plan de paix en trois points que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a présenté lundi en Géorgie et à Moscou aux parties en conflit.

Nouveau projet souhaité

Le plan français appelle à «une cessation immédiate des hostilités, au respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie, et au rétablissement de la situation qui existait avant» l'envoi de troupes géorgiennes la semaine dernière dans l'enclave séparatiste d'Ossétie du Sud, indépendante de facto depuis l'effondrement de l'URSS et soutenue par Moscou.

La Russie ne votera pas au Conseil de sécurité de l'ONU ce projet de résolution en l'état, a déclaré l'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Tchourkine.

«Nous espérons participer à la mise au point d'un nouveau projet de résolution, celui-ci a malheureusement été préparé sans nous», a expliqué à la presse le diplomate à l'issue de la réunion du Conseil de sécurité.

«Prématuré»

La Russie estime que ce texte est «prématuré» et ne prend pas en compte certaines de ses exigences. «Il n'y a notamment pas de référence à l'agression géorgienne», a poursuivi M. Tchourkine.

Lors d'une interview téléphonique lundi à la chaîne de télévision américaine CNN, Mikheïl Saakachvili a juré que la Géorgie ne se rendrait jamais. Il a accusé la Russie d'avoir prémédité l'attaque.

Les forces russes «menacent la capitale» géorgienne Tbilissi, a également accusé M. Saakachvili, jurant que «le peuple géorgien n'abdiquerait jamais sa liberté et sa démocratie».

Mise en garde américaine

Dans sa plus sévère mise en garde à l'encontre de Moscou depuis le début du conflit entre la Géorgie et la Russie, le président américain George W. Bush a adressé lundi une sévère mise en garde à la Russie. Il l'a prévenue que si elle ne mettait pas un terme à son «escalade dramatique et brutale» du conflit en Géorgie, ses liens avec les Etats-Unis s'en ressentiraient.

Il a aussi laissé entendre que la Russie semblait vouloir renverser le gouvernement géorgien.

Mais le représentant américain aux Nations Unies Zalmay Khalilzad a déclaré qu'il avait reçu de son homologue russe l'assurance que Moscou n'avait pas l'intention de renverser le président géorgien Mikheïl Saakachvili.

Dans le port de Poti

Toujours sur le plan diplomatique, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE), était attendu mardi en Russie, où il rencontrera à Moscou le président Dmitri Medvedev, puis à Tbilissi, où il aura un entretien avec son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili, a confirmé l'Elysée lundi soir dans un communiqué. Il tentera d'obtenir un accord de cessez-le-feu.

Sur le terrain, le Premier ministre géorgien Lado Gourguenidze a annoncé dans une intervention télévisée que des troupes russes étaient entrées dans le port géorgien de Poti sur la mer Noire. Mais Moscou a affirmé que seules des unités de reconnaissance s'étaient rendues dans cette ville et l'avaient déjà quittée.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!