Crise en Ukraine: La Russie retire une partie de ses troupes
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Crise en UkraineLa Russie retire une partie de ses troupes

Moscou retire progressivement ses troupes massées à la frontière de l'Ukraine. Ces manoeuvres suscitent des espoirs de détente, malgré l'échec des pourparlers la veille à Paris.

Le ministère russe de la Défense a annoncé le retrait d'un de ses bataillons de la zone frontalière situé à l'est. Le président russe Vladimir Poutine a informé la chancelière allemande Angela Merkel de ce retrait partiel, a indiqué le gouvernement allemand.

L'information avait auparavant été annoncée par le ministère ukrainien de la Défense. L'expert militaire Dmytro Tymchuk a estimé sur son blogue à 10'000 les effectifs stationnés. «La probabilité d'une invasion a nettement diminué».

A Kiev, le président par intérim Olexandre Tourtchinov a cependant assuré que le pays restait sur le pied de guerre. «Nous sommes prêts à toute agression», a-t-il déclaré lors d'un passage en revue de la Garde nationale, véritable armée de volontaires créée par les autorités de transition en place en Ukraine depuis la destitution de Viktor Ianoukovitch fin février.

Visite de Medvedev

La présence de ces soldats faisait craindre à Kiev une invasion de sa partie orientale, en grande partie russophone. Et une répétition du scénario qui a conduit à la perte de la Crimée. La péninsule de la mer Noire, passée en moins de trois semaines du statut de république autonome ukrainienne à celui de sujet de la Fédération de Russie, a reçu la visite du Premier ministre russe Dmitri Medvedev.

Premier dirigeant de haut rang à se rendre dans ce territoire depuis son rattachement, il a dirigé une réunion consacrée au «développement socio-économique de la Crimée et de la ville de Sébastopol», avec les autorités locales. Après son rattachement à la Russie, «pas un seul des ses habitants ne doit perdre quoi que ce soit, chacun doit y gagner», a-t-il déclaré.

«Pas de décisions sur l'Ukraine sans l'Ukraine»

La veille, les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et américain John Kerry se sont rencontrés sur décision de Vladimir Poutine et Barack Obama pour amorcer une sortie de crise. Mais après quatre heures de discussions, les deux ministres n'ont pu que constater leurs divergences et convenu de continuer à dialoguer.

Le chef de la diplomatie russe a poursuivi ses consultations diplomatiques lundi avec son homologue français Laurent Fabius, qui a souligné «l'urgence d'une solution diplomatique».

De son côté, M. Kerry a opposé une fin de non-recevoir, en l'absence de représentant de Kiev, à l'idée d'une solution fédérale pour l'Ukraine présentée par Moscou. Elle donnerait une large autonomie aux régions russophones de l'Est de l'ex-république soviétique. «Pas de décisions sur l'Ukraine sans l'Ukraine», a-t-il tranché.

Le Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait appelé lundi la chancelière allemande Angela Merkel pour insister sur la nécessité d'une réforme constitutionnelle en Ukraine. Il a aussi appelé à faire cesser ce qu'il a qualifié de «blocus» de la Transnitrie, région séparatiste de Moldavie située entre le Dniestr et la frontière ouest de l'Ukraine.

Réunion de l'Otan et exercices aériens

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan doivent eux se réunir mardi et mercredi à Bruxelles pour examiner un renforcement de la présence de l'Alliance atlantique en Europe de l'Est.

Au cours de leur réunion régulière, les 28 ministres, dont l'Américain John Kerry, devraient également avaliser la suspension d'une partie de la coopération entre l'Otan et la Russie. Cette mesure a été décidée après l'intervention en Crimée.

Ils pourraient aussi évoquer la possibilité d'établir des bases permanentes de l'Otan dans les pays baltes, un sujet très sensible avec la Russie.

L'Alliance va également mener un exercice aérien dans ces pays ces deux prochains jours, a annoncé lundi le ministère lituanien de la Défense. «Une nouvelle preuve de la solidarité et des engagements de l'Otan». (ats)

Pour aller en Crimée, il faut désormais un visa russe

Les ressortissants étrangers souhaitant visiter la Crimée doivent désormais obtenir un visa russe dans l'une des missions diplomatiques et consulaires de la Russie. C'est ce qu'a annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères.

«Dans le cadre de la réintégration de la Crimée et de la ville de Sébastopol dans la Fédération russe, les ressortissants étrangers devront obtenir un visa russe pour visiter la Crimée dans l'une des missions diplomatiques ou postes consulaires de la Fédération de Russie», a déclaré le ministère dans un communiqué cité par l'agence de presse russe Itar-Tass.

«Pour le départ des ressortissants étrangers se trouvant sur le territoire de la Crimée, qui étaient auparavant en conformité avec les lois ukrainiennes sans visa, il est nécessaire (de soumettre son cas) au représentant du ministère russe des Affaires étrangères à Simféropol», a-t-il encore indiqué.

Depuis son rattachement à la Russie, la Crimée est passée à l'heure russe: ses habitants reçoivent des passeports russes et une grande majorité des commerces ont troqué la monnaie ukrainienne contre les roubles russes.

Washington accueillerait favorablement le retrait des troupes russes

Les Etats-Unis ont déclaré lundi qu'ils accueilleraient favorablement le retrait des troupes russes à la frontière ukrainienne, sans toutefois confirmer des annonces en ce sens formulées par Kiev et Moscou.

«Si les informations qui font état d'un retrait des troupes russes de la région frontalière (avec l'Ukraine) s'avèrent justes, cela constituerait une première étape bienvenue», a déclaré la porte-parole du département d'Etat américain, Jennifer Psaki.

Dans cette éventualité, «nous encouragerions la Russie d'accélérer ce retrait», a-t-elle ajouté dans un communiqué, alors que le secrétaire d'Etat John Kerry est en Israël.

«Nous continuons à pousser la Russie à ouvrir un dialogue avec le gouvernement à Kiev afin d'apaiser la situation tout en respectant la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine», a-t-elle ajouté.

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