Euro 2016: La Russie sans équipe et maintenant sans coach
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Euro 2016La Russie sans équipe et maintenant sans coach

La Sbornaya a lamentablement quitté lundi soir l'Euro 2016. Le chantier en vue de la prochaine Coupe du monde s'annonce immense.

par
Robin Carrel
Toulouse
Leonid Slutsky a choisi d'endosser toute la responsabilité de l'échec russe.

Leonid Slutsky a choisi d'endosser toute la responsabilité de l'échec russe.

photo: AFP/Martin Bureau

Une moyenne d'âge de 28,8 ans, 9 éléments âgés de plus de 30 ans... L'équipe de Russie n'était pas venue en France pour y préparer sa Coupe du monde programmée dans deux ans. C'est peu de le dire. Heureusement, car ses prestations ont été catastrophiques. Seul un but très tardif de Vasili Berezutski en ouverture de tournoi (1-1, 92e) face à l'Angleterre a sauvé les Russes d'un humiliant «fanny», comme on dit dans le coin.

Leonid Slutsky a repris les commandes de sa sélection en juin 2015, alors qu'elle était en route pour manquer le championnat d'Europe. Le licenciement du coach italien Fabio Capello ayant été si coûteux - il touchait 7,7 millions de francs suisses par saison et son départ lui en a rapporté près de 15 autres - que celui qui officie également à la tête du CSKA Moscou a dirigé son équipe bénévolement.

«Clairement de ma faute»

Grâce à une inversion spectaculaire de la courbe des résultats, il a réussi dans son entreprise. Mais la vérité sur le niveau du football dans son pays a fini par exploser aux yeux de toute l'Europe en plein mois de juin: la Russie n'a pas une équipe digne de son rang et de son histoire. Slutsky aurait bien été rétribué, mais seulement sous forme de bonus, en cas de bonne performance. On en est bien loin aujourd'hui...

Le sélectionneur n'a d'ailleurs pas fait mystère de ses intentions, lundi, dans les entrailles du Stadium de Toulouse, après une véritable gifle reçue par le pays de Galles (3-0). La Fédération espérait que le coach triple champion de Premier League russe resterait au terme de ce championnat d'Europe. Ca ne sera pas le cas. «Je suis responsable de ces résultats, a-t-il assuré. J'ai eu bien assez de temps pour trouver des joueurs. Si nous n'avons pas eu de succès ici, c'est clairement ma faute.»

Problème profond

Slutsky prend donc le blâme pour lui, alors que le problème est bien plus profond que ça, au sein de la Sbornaya. Par manque de talent(s), le sélectionneur a été contraint de faire évoluer deux attaquants axiaux sur les ailes. Un échec patent. En prime, la malchance s'est invitée avant le début du tournoi. Les deux meilleurs milieux du pays, Dzagoev et Denisov, n'ont pas pu être du voyage. Ils ont notamment êté remplacés sur le pré par un homme, Neustädter (ancien international allemand né en Ukraine...), naturalisé en hâte par Vladimir Poutine.

«Je voudrais m'excuser auprès des supporters russes. Aussi bien ceux qui étaient dans le stade, que ceux qui étaient derrière leur écran de télévision, a ajouté l'entraineur de 45 ans. Quelqu'un d'autre devrait prendre en mains cette équipe, avec la grande échéance qui se profile à l'horizon.» Celui qui a dû arrêter sa carrière de footballeur à l'âge de 19 ans en raison d'une blessure connaît le chantier immense qui attend son successeur: monter en deux ans une formation à même de ne pas être ridicule sur ses pelouses. Une gageure.

Au moins, les supporters russes quitteront la France sur une meilleure image. Après les terribles incidents de Marseille, les pouvoirs publics avaient enfin pris la mesure de la «menace». Du coup, dans une ville de Toulouse bouclée par près de 700 policiers et gendarmes, fans venus de l'Est et supporters gallois ont été exemplaires. Même si, là aussi, ce sont ces derniers qui l'ont largement emporté. Le chef des fans russes, lui, a encore une fois fini la soirée en garde à vue...

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