Conflit gazier: La Russie va cesser de liver du gaz à l'Ukraine
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Conflit gazierLa Russie va cesser de liver du gaz à l'Ukraine

Le géant du gaz russe Gazprom a annoncé mercredi que les livraisons vers l'Ukraine seraient suspendues le 1er janvier à partir de 8 h (suisses).

Cette situation ne provoquera aucun problème d'approvisionnement en Suisse.

«Le 1er janvier à 10 heures (08h00 suisses), Gazprom cessera de fournir du gaz aux clients ukrainiens», a déclaré lors d'une conférence de presse Alexeï Miller, directeur de Gazprom, monopole russe des exportations de gaz. Toute la responsabilité revient à la partie ukrainienne», a déclaré M. Miller à l'issue de vaines négociations entre Moscou et Kiev sur la fixation des tarifs pour 2009.

Gazprom avait prévenu que ses ingénieurs commençaient les préparatifs pour une éventuelle coupure des approvisionnements gaziers à l'Ukraine, ce qui pourrait peser sur ceux destinés à l'Europe.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine, qui entretient des relations très difficiles avec l'Ukraine depuis l'arrivée au pouvoir en 2004 à Kiev de dirigeants pro-occidentaux, a averti de «sérieuses conséquences» pour l'Ukraine si elle utilisait ce dossier comme un prétexte pour bloquer le gaz destiné à l'Europe.

Kiev veut rassurer l'Europe

Les autorités ukrainiennes ont elles assuré que l'approvisionnement de l'Europe passant par son territoire était garanti, contredisant les propos de Gazprom selon lesquels l'Ukraine prévoyait de confisquer du gaz destiné à l'Europe si Moscou réduisait ses livraisons.

Pas de problème en Suisse

M. Poutine a déclaré que Gazprom proposait de vendre à Kiev son gaz pour 250 dollars les 1000 mètres cubes, soit 40 % plus cher que le prix actuel mais moins que celui payé par les clients en Europe de l'Ouest. «En dépit de cela, nos partenaires ukrainiens refusent de signer ces accords et ce contrat», a ajouté Poutine.

Le climat des discussions s'était durci ces dernières heures, Gazprom déclarant n'avoir reçu aucun règlement des dettes de l'Ukraine et accusant Kiev d'exercer un chantage sur l'Europe.

En janvier 2006, après un différend similaire, Moscou avait mis ses menaces à exécution, perturbant brièvement l'approvisionnement de certains pays d'Europe de l'Ouest. Un quart de la consommation de gaz de l'Europe provient de Russie.

La crise actuelle ne compromet toutefois pas la distribution de gaz en Suisse, qui n'a pas de contrat direct avec des compagnies gazières russes, a expliqué l'Association suisse de l'industrie gazière (ASIG) dans un communiqué. La majeure partie des importations sont assurées par la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie.

1,5 milliard a été payé

Cependant, 15 à 20% du gaz européen qui termine sa course en Suisse proviennent de Russie. Mais ce gaz est livré par la plus grande entreprise gazière allemande, qui peut, au besoin, compenser un manque de gaz en s'appuyant sur sa propre production et d'autres sources étrangères, affirme l'ASIG.

Mardi, le géant russe avait reconnu que l'Ukraine avait commencé à lui payer les quelque deux milliards de dollars d'arriérés qu'il lui réclamait, l'un des principaux points de désaccord entre les deux parties. Le groupe public ukrainien de l'énergie Naftogaz avait annoncé mardi avoir versé 1,5 milliard de dollars pour régler les livraisons de gaz russe de novembre et décembre.

Cependant Gazprom réclame au total plus de deux milliards de dollars: environ 1,66 milliard de dollars pour les livraisons gazières de novembre-décembre, et 450 millions de pénalités de retard de paiement.

Naftogaz a déclaré de son côté qu'elle ne versera plus d'argent cette année à Gazprom. «La question des pénalités doit être réglée à l'arbitrage», a déclaré le porte-parole de Naftogaz Valentin Zemliansky. (ats)

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