Actualisé 15.12.2015 à 11:43

TourismeLa saison d'hiver s'annonce difficile en Suisse

L'Oberland bernois note des réservations en hausse contrairement aux Grisons.

La commune d'Adelboden dans l'Oberland bernois.

La commune d'Adelboden dans l'Oberland bernois.

Les prévisions touristiques pour la saison d'hiver à venir sont sombres. L'Oberland bernois et la Suisse centrale restent cependant plutôt optimistes, misant sur des hôtes venant de pays plus lointains que la zone euro.

Les responsables du tourisme de l'Oberland bernois comme de Suisse centrale sont unanimes: les réservations pour la période des fêtes de fin d'année sont même légèrement meilleures que l'an dernier.

«Nos hôtels sont occupés jusqu'à 80%», explique Sibylle Gerardi, porte-parole de Tourisme Lucerne et Lac des Quatre-Cantons. «Nous gagnons des parts de marché», renchérit Harry John, directeur du tourisme du canton de Berne.

La neige et le franc fort

Cet optimisme modéré peut surprendre, dans la mesure où deux facteurs mettront le tourisme hivernal suisse à rude épreuve. D'une part, la neige n'a pas encore fait son apparition dans la région; d'autre part, le franc est toujours cher face à l'euro.

«Le temps et les conditions d'enneigement sont bien évidemment importants, parce que les réservations à court terme commencent avant tout après les fêtes, s'il y a aussi de la neige en plaine», admet Harry John.

S'il fait suffisamment froid pour enneiger artificiellement les pistes dans les régions montagneuses, la neige encore absente en plaine n'attire pas non plus les hôtes dans les domaines skiables.

Importance du marketing

A cela vient s'ajouter le fait que la saison d'hiver est cette année deux semaines plus courtes que la précédente, Pâques tombant déjà fin mars en 2016.

Si les prestataires du secteur touristique ne peuvent que peu influencer ces facteurs, ils ont néanmoins un poids sur leur marketing et sur leurs créneaux de clientèle. L'Oberland bernois et la Suisse centrale misent ainsi depuis des années également sur des hôtes venant de plus loin que l'espace européen.

Clients internationaux

L'Oberland compte ainsi, à côté des Suisses qui représentent 50 à 60% des nuitées, avant tout des touristes britanniques et américains, avec une part de 10%.

Ces clients internationaux compensent en début de saison le recul des touristes provenant d'Allemagne et du Benelux, pour lesquels le franc fort a considérablement renchéri le prix d'un séjour en Suisse, selon Harry John. Quelque 12% des touristes de l'Oberland bernois sont allemands.

En Suisse centrale, les touristes venaient déjà l'été avant tout de marchés éloignés, d'Amérique ou d'Asie. Le recul du seul marché européen a ainsi été compensé, estime Sibylle Gerardi, qui s'attend ainsi à un report similaire à moyen terme pour la saison d'hiver.

Les Grisons en difficulté

Par contre, dans les Grisons, où les touristes allemands représentent la plus grande part des nuitées avec 20%, un recul est attendu pour la saison à venir. Les réservations pour les fêtes sont satisfaisantes, mais restent encore inférieures aux attentes après le 2 janvier, selon Myriam Keller, cheffe par interim de Grisons Vacances.

Alors que Myriam Keller compte sur un nombre de nuitées supérieur parmi les Suisses par rapport à l'an dernier, les plus grandes destinations dans le nord des Grisons enregistrent les plus grandes pertes avec des hôtes en provenance d'Allemagne, tandis qu'au sud, les Italiens ne viennent pas encore.

La part des touristes allemands a déjà reculé en moyenne de 23% au cours des cinq dernières années, et la situation s'est renforcée depuis l'abandon le 15 janvier dernier du cours plancher de l'euro.

Prudence en Valais

«La moitié de ce recul provient de cette année seule», affirme Myriam Keller. Elle compte sur un recul de 10% de touristes étrangers. Les Grisons ne peuvent par conséquent pas compenser le recul des touristes européens avec des hôtes provenant de pays plus lointains.

C'est pourquoi Myriam Keller veut mettre un accent marketing sur les touristes indigènes, qui constituent le plus grand nombre de nuitées avec 60%.

En Valais, les responsables du secteur touristique sont peu loquaces. Matthias Summermatter, du service médias de Valais/Wallis Promotion, concède cependant que si les réservations pour les semaines de Noël et de Nouvel An sont «majoritairement satisfaisantes», moins d'hôtes en provenance de l'espace européen sont attendus. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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