Start-up suisse vegan: «La saucisse à rôtir végétalienne de l’Olma arrivera bientôt»

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Start-up suisse vegan«La saucisse à rôtir végétalienne de l’Olma arrivera bientôt»

De plus en plus de personnes renoncent à la viande. C’est pourquoi la start-up suisse Planted produit des kebabs, des escalopes et du pulled pork végétaliens. Et le succès est au rendez-vous, puisque l’entreprise emploie désormais près de 200 personnes dans six pays différents.

par
Sebastian Sele
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La dimension santé n’est qu’un point de départ. Pascal Bieri est sûr que «l’alimentation végétalienne est aussi meilleure pour l’environnement».

La dimension santé n’est qu’un point de départ. Pascal Bieri est sûr que «l’alimentation végétalienne est aussi meilleure pour l’environnement».

Planted
Un centre destiné à l’innovation et au développement se trouve à Kemptthal, entre Zurich et Winterthur.

Un centre destiné à l’innovation et au développement se trouve à Kemptthal, entre Zurich et Winterthur.

Planted
Planted produit des kebabs, des lamelles de poulet, du pulled pork et des escalopes à partir de protéines alternatives comme les pois, l’avoine ou le tournesol – sans additifs ni arômes.

Planted produit des kebabs, des lamelles de poulet, du pulled pork et des escalopes à partir de protéines alternatives comme les pois, l’avoine ou le tournesol – sans additifs ni arômes.

Planted

Dans une maison en briques près de la gare de Kemptthal (ZH), on planifie la révolution – qui doit avant tout avoir bon goût. Pascal Bieri, 36 ans, est l’un de ses initiateurs. «J’ai toujours compris que nous n’avions que cette seule planète», explique ce diplômé de la Haute école de Saint-Gall, alors que nous discutons au rez-de-chaussée de la maison.

Et cette seule planète est en danger. Des incendies de forêt, des inondations, la mort en masse d’arbres et de coraux… Les scientifiques du monde entier dépeignent un scénario sombre si les émissions mondiales de CO2 par habitant ne tombent pas en-dessous de 2,1 tonnes par an d’ici 2050. Pour Pascal Bieri, l’élément pertinent au niveau mondial tient dans le fait que l’élevage d’animaux de rente est responsable d’environ 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, contre 13% en Suisse. Selon la Confédération, les gaz à effet de serre dans l’agriculture doivent être réduits d’un tiers par rapport à 1990 d’ici 2050.

Le véganisme est meilleur pour l’environnement

La science conseille donc vivement de produire et de manger moins de viande. Un ami végétalien avait également fait prendre conscience à Pascal Bieri que «ce régime est meilleur pour l’environnement». Lors d’un séjour professionnel aux États-Unis, Pascal Bieri a mangé végane certains jours. Il a été frappé par le fait que la viande est profondément ancrée dans notre société et qu’il est difficile de renoncer à son goût. Révolutionnaire dans l’âme, Pascal Bieri s’est alors posé une question: un produit purement végétal pourrait-il avoir le même goût? Il a sorti son smartphone et a posé la question sur WhatsApp à son cousin Lukas Böni, qui venait de terminer son doctorat à l’EPFZ.

En 2019, avec deux autres partenaires, ils ont fondé le spin-off de l’EPFZ Planted. Depuis, leur entreprise a été élue meilleure start-up de Suisse et emploie plus de 170 collaborateurs dans six pays. Planted produit des kebabs, des lamelles de poulet, du pulled pork et des escalopes à partir de protéines alternatives comme les pois, l’avoine ou le tournesol – sans additifs ni arômes. «La saucisse à rôtir Olma va bientôt arriver, précise Pascal Bieri. Mais pas avant qu’elle ait un goût d’enfer.»

«Meilleur que la viande – à tous points de vue»

«Nos produits n’offrent pas d’alternative à la viande, déclarait dans une interview Judith Wemmer, la développeuse en chef et membre de la direction de Planted. Ils sont meilleurs que la viande animale – à tous points de vue.» Meilleurs, selon elle, en goût et en texture, pour la santé, mais aussi pour l’environnement. «Nous n’avons jamais pensé petit», ajoute Pascal Bieri, depuis le siège de Planted, à Kemptthal. Les exigences que nous nous imposons consistent à améliorer à l’infini nos produits sur les quatre axes que sont la durabilité, le goût, le prix et la santé.» Un problème global comme la crise climatique exige des solutions pensées à l’échelle internationale.

Cette exigence rencontre un écho favorable… Dans les rayons de Migros et de Coop, mais aussi auprès du triathlète suisse adepte d’Ironman Jan van Berkel, du skieur professionnel Urs Kryenbühl ou des cuisiniers du restaurant traditionnel zurichois de renommée mondiale Kronenhalle, qui apportent tous à Planted leur soutien.

Manque de conscience politique

Le succès réjouit évidemment Pascal Bieri, mais le rend aussi sceptique: «Notre réussite montre que le public se préoccupe de la problématique des protéines, déclare-t-il. Je trouve cependant alarmante la lenteur de la réaction des politiques.» Le révolutionnaire présent dans le bâtiment en briques fait une analogie avec la mobilité: les véhicules électriques sont encouragés par la politique et seront même bientôt obligatoires au sein de l’Union européenne. Mais, en ce qui concerne l’alimentation, on est bien loin de telles mesures. Les scientifiques conseillent pourtant vivement aux gouvernements de promouvoir une alimentation respectueuse du climat. Pendant ce temps, Proviande, la plateforme publicitaire de la filière suisse de la viande, reçoit chaque année des subventions d’environ six millions de francs.

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