Actualisé 06.08.2014 à 18:19

Berne - Palais fédéralLa secrétaire aux moeurs légères suspendue

Une employée de la Confédération se prend en photo dans le plus simple appareil et poste le résultat pendant les heures de travail. Suspendue, elle risque sa place.

par
tab/dmz

A.* est une secrétaire qui travaille pour l'administration fédérale et qui a pour habitude de diffuser sur Twitter des images d'elle, nue, depuis son bureau, nous a appris mercredi la «NZZ». Et que quelqu'un de son entourage puisse y avoir accès n'est pas un problème: «J'en suis consciente», confie la jeune femme, selon toute vraisemblance fribourgeoise, au quotidien.

Pourtant, l'Office fédéral du personnel (OFPER) recommande de «ne diffuser sur internet que des images que vous pourriez montrer à vos collègues, collaborateurs ou supérieurs.» Mais A., dont le compte, désormais fermé, comptait plus de 11'000 followers, se défend en prétextant que sa vie privée n'est pas en conflit avec sa position professionnelle.

Pas un motif de licenciement immédiat

La question qui se pose est de savoir si A. risque de perdre son emploi. Interrogé, l'OFPER ne peut pas se positionner. Il explique que chaque entité a fixé des règles différentes en matière de réseaux sociaux. L'OFPER précise toutefois que le code de conduite de l'administration fédérale demande aux employés d'être prudents dans leur vie privée et d'éviter les comportements qui pourraient nuire à la réputation de la Confédération. Autrement dit, a-t-elle rompu le rapport de confiance avec Berne en publiant ces photos? Affaire à suivre. La secrétaire travaille aux Services du Parlement. Une enquête interne a été ouverte et A. a été momentanément suspendue.

Car A. ne se limite pas à des photos osées. La jeune femme a tourné dans des films pornos amateurs. Selon son compte Twitter, elle se définirait comme une secrétaire «lubrique, gourmande et insolente». Et elle tient un site, qui compterait plus de 100'000 visiteurs mensuels, selon le journal de boulevard alémanique. Ce dernier n'était toutefois plus accessible mercredi.

Ce qui semble décisif dans cette affaire, c'est la position de la personne incriminée. «Un ambassadeur ou un porte-parole, à qui le public associe une institution, ne pourrait pas se permettre de faire cela», explique à la «NZZ» Thomas Geiser, spécialiste en droit du travail à l'Université de Saint-Gall. Dans le cas de cette secrétaire, le juriste imagine plus un avertissement qu'un licenciement. «A moins que son employeur n'y voie un risque pour la sécurité de l'institution ou de l'employée.» Cela aurait été le cas, par exemple, si la secrétaire avait été victime de chantage.

Parlementaires hors d'eux

Contactés par «Blick» plusieurs députés fédéraux se sont dits fâchés, voire choqués: «Cela ne va vraiment pas. Si cette secrétaire n'a rien d'autre à faire pendant les heures de travail, c'est que son poste est inutile. On pourrait ainsi faire faire des économies aux contribuables», déclare le conseiller national Lukas Reimann (UDC/AG). Pour Andrea Caroni (PLR/AR), l'attitude de cette employée «couvre l'administration fédérale de ridicule et ne pas la renvoyer serait incompréhensible». Natalie Rickli (UDC/ZH), bien qu'elle défende le droit à la vie privée, s'attend à ce que le personnel de la Confédération travaille au lieu de s'adonner des actes frivoles. Seul Oskar Freysinger (UDC/VS) prend les choses à la rigolade: «C'est sans doute la nouvelle forme de transparence de l'administration fédérale. Les vêtements disparaissent. Bientôt c'est le travail qui disparaîtra.»

*nom connu de la rédaction

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