Actualisé 16.05.2008 à 11:41

La secte apocalyptique remonte à la surface

Les neuf derniers adeptes d'une secte ultra-orthodoxe apocalyptique russe retranchée sous terre sont remontés vendredi à la surface.

Ils ont été chassés par les émanations du corps de l'un des leurs, ce qui tire un trait sur une saga tragi-comique de plus de six mois.

Huit femmes et un homme ont émergé tôt vendredi du ravin boueux où ils s'abritaient depuis le mois de novembre, et les corps de deux autres membres de la secte, décédés au cours de leur séjour sous terre, ont été évacués, ont indiqué les autorités locales de la région de Penza (500 km au sud-est de Moscou).

«Les neuf dernières personnes sont remontées à la surface après que les cadavres de deux femmes aient été découverts», a indiqué à l'AFP une porte-parole du parquet local, Tatiana Ostrovskaïa.

«Les corps vont être examinés pour déterminer si une enquête criminelle est nécessaire», a-t-elle ajouté.

Selon d'autres sources, ce sont précisément les émanations toxiques de l'un des corps en décomposition qui ont eu raison de leur résistance, après plus de six mois passés sous terre dans des conditions d'existence pour le moins précaires, sans soleil, nourriture fraîche ni eau courante. Les adeptes de cette secte rejettent tous les acquis de la civilisation, jugés «diaboliques».

Il y avait «un véritable risque d'empoisonnement à cause des émanations toxiques des corps», a déclaré le chef du district de Bekovo, Vladimir Provotorov, cité par l'agence russe Interfax.

«Lorsque les experts sont venus prendre (les corps), nous avons demandé aux autres s'ils aimeraient sortir et ils ont accepté», a-t-il ajouté.

Les médias présents sur place n'ont pas été autorisés à assister à la scène, a rapporté la chaîne de télévision NTV, qui affirme que l'un de ses preneurs de son, qui faisait le guet à proximité, a même été frappé par des policiers.

Les neuf personnes sont dans un «état satisfaisant», a ajouté M. Provotorov, se refusant à préciser où elles avaient été conduites.

La saga de cette petite secte orthodoxe, emmenée par un gourou barbu répondant au nom de Piotr Kouznetsov, défraie la chronique en Russie depuis plus de six mois.

Ainsi réfugiée dans cette cachette située près du village de Nikolskoïé, dans la région de Penza, elle se croyait à l'abri de la Fin du monde, et menaçait de tout faire sauter avec des bonbonnes de gaz si les forces de l'ordre tentaient de les déloger.

Début novembre 2007, 35 disciples de Piotr Kouznetsov (lui-même demeurant à l'extérieur) s'étaient barricadés dans un vaste abri composé de plusieurs cavités construit sous terre, prédisant l'apocalypse pour mai 2008, selon des calculs effectués d'après les étoiles.

Tous semblent y avoir passé l'hiver sans trop d'encombres. Ce n'est que le 28 mars que les sept premiers d'entre eux sont sortis de leur plein gré à la suite de négociations avec les autorités.

Le 1er avril, 14 autres les ont suivis, puis trois autres le lendemain suite à l'effondrement d'une partie de leur refuge. Parmi eux, quatre enfants, dont un bébé.

C'est l'un de ces adeptes qui avait révélé quelques jours plus tard que deux femmes étaient mortes dans l'abri, l'une d'un cancer, l'autre alors qu'elle observait le carême orthodoxe.

Quant au gourou de la secte, il a été un temps interné en asile psychiatrique. Les autorités l'en avaient sorti au printemps pour tenter de persuader ses adeptes de quitter le ravin: il leur avait expliqué que l'effondrement du refuge était un signal envoyé par Dieu, mais n'avait pas réussi à convaincre les plus endurcis qui étaient demeurés dans l'abri.

Le lendemain, le gourou avait commis une étrange tentative de suicide en se frappant lui-même la tête à l'aide d'une bûche, et avait été emmené à l'hôpital, où il est toujours, selon l'agence Itar-Tass.

Source: AFP

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