Actualisé 14.10.2015 à 15:04

Turquie

La sécurité d'Ankara «décapitée» après l'attentat

Le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir suspendu les chefs de la police et des services de renseignement et de sécurité de la capitale.

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Un tribunal turc a condamné vendredi à la prison à vie neuf personnes reconnues coupables d'avoir participé à l'attentat le plus meurtrier de l'histoire moderne de la Turquie. (3 août 2018)

Un tribunal turc a condamné vendredi à la prison à vie neuf personnes reconnues coupables d'avoir participé à l'attentat le plus meurtrier de l'histoire moderne de la Turquie. (3 août 2018)

AFP
Un an jour pour jour après le double attentat de la gare d'Ankara, des manifestants pro-kurdes sont venues rendre hommage aux 103 victimes. (lundi 10 octobre 2016)

Un an jour pour jour après le double attentat de la gare d'Ankara, des manifestants pro-kurdes sont venues rendre hommage aux 103 victimes. (lundi 10 octobre 2016)

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Cet attentat est le pire qu'ait connu la Turquie dans son histoire moderne.(lundi 10 octobre 2016)

Cet attentat est le pire qu'ait connu la Turquie dans son histoire moderne.(lundi 10 octobre 2016)

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Le Premier ministre turc Ahmed Davutoglu a estimé mercredi qu'aussi bien Daech que les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pourraient avoir joué un rôle dans le double attentat meurtrier de samedi lors d'un rassemblement pro kurde. Les responsables de la police d'Ankara ont eux été suspendus.

«Nous travaillons sur deux organisations, Daech et le PKK, parce qu'il y a des preuves témoignant de liens entre les kamkikazes et Daech, mais aussi avec des groupes du PKK», a affirmé Ahmed Davutoglu.

Le ministère de l'Intérieur précise dans un communiqué que la suspension des chefs de la police et des services de renseignement et de sécurité de la capitale turque répond à une demande des enquêteurs. Elle vise à permettre à ces derniers de travailler avec «efficacité».

Le président Recep Tayyip Erdogan avait évoqué mardi une défaillance des services de renseignements à propos de ces attentats, qui ont fait au moins 97 morts et plus de 500 blessés.

Erdogan pointé du doigt

Depuis trois jours, Recep Tayyip Erdogan est à nouveau sous le feu des critiques de ses adversaires, notamment de l'opposition pro kurde qui pointe du doigt ses responsabilités dans l'attentat.

Le chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas, lui reproche d'avoir délibérément négligé la sécurité des partisans de la cause kurde qui défilaient samedi contre la reprise il y a près de trois mois des affrontements entre l'armée et les rebelles kurdes.

A la veille des législatives anticipées du 1er novembre, Selahattin Demirtas accuse également le régime du président turc d'entretenir des liens avec les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Depuis samedi, des milliers de personnes ont défilé en Turquie aux cris de «Tayyip assassin» ou «nous connaissons le tueur», pour dénoncer la stratégie de la tension mise en oeuvre selon eux par le chef de l'Etat. Selon le ministère de la Santé, 38 blessés dans l'attentat sont toujours hospitalisés en soins intensifs.

Kamikazes identifiés

Ahmed Davutoglu avait désigné lundi l'EI comme le «suspect numéro 1» de l'attentat, qui trouverait «ses origines en Syrie» selon Recep Tayyip Erdogan. Le gouvernement a fait état de nombreuses «similitudes» entre cette attaque et celle qui avait fait 34 morts le 20 janvier à Suruç, près de la frontière syrienne.

Mercredi, le quotidien Hürriyet a révélé que les deux kamikazes présumés d'Ankara avaient été identifiés. Le premier serait Yunus Emre Alagöz, le frère de l'auteur de l'attaque-suicide de Suruç. Le second a été identifié comme Omer Deniz Dundar, connu pour être allé combattre à deux reprises en Syrie.

Selon le journal, les deux hommes, ressortissants turcs, seraient arrivés à Ankara le matin de l'attaque depuis la ville de Gaziantep (sud). Pendant le week-end, la police turque a interpellé 43 personnes soupçonnées de liens avec l'EI.

Ennemie jurée du président syrien Bachar el-Assad, la Turquie a été longtemps accusée par ses alliés de complaisance vis-à-vis des djihadistes qui le combattent. Après l'attentat de Suruç, elle a opéré un revirement en menant quelques raids aériens contre l'EI, qui l'a ouvertement menacée de représailles.

Les Etats-Unis et la Russie mis en garde

Les autorités turques ont par ailleurs annoncé mercredi avoir arrêté deux personnes soupçonnées de liens avec les rebelles du PKK et selon elles susceptibles d'avoir eu connaissance de l'attentat d'Ankara.

Le ministère des Affaires étrangères a en outre indiqué avoir convoqué la veille les ambassadeurs des Etats-Unis et de Russie à Ankara pour les mettre en garde contre tout soutien aux miliciens kurdes de Syrie, considérés comme un mouvement «frère» des «terroristes» du PKK.

Dix membres du PKK tués

L'armée a annoncé dans ce contexte avoir tué mardi dix membres du PKK. Cette annonce intervient quelques jours après la proclamation d'un cessez-le-feu unilatéral par les séparatistes, suite à l'attaque d'Ankara.

Selon l'armée, trois membres du PKK ont été tués dans des affrontements au cours d'une opération dans la province d'Hakkari, proche des frontières que la Turquie partage avec l'Iran et l'Irak. Sept autres ont péri dans des bombardements effectués dans la foulée de l'opération. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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