Actualisé 17.05.2017 à 09:41

Etats-Unis

La sécurité d'Erdogan joue à Bruce Lee à Washington

Si les présidents américain et turc ont promis de renforcer l'amitié entre leurs pays, la visite s'est soldée par de violents incidents entre le service de sécurité du président Erdogan et des manifestants pro-kurdes.

de
cga/afp

Pour leur premier tête-à-tête,Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan ont promis d'apaiser les tensions entre les deux alliés, notamment sur le dossier brûlant de milices kurdes appuyées par Washington et qui combattent les jihadistes en Syrie.

Mais la journée a été assombrie par des échauffourées devant la résidence de l'ambassadeur turc à Washington. La police a rapidement rétabli l'ordre mais neuf personnes ont été transportées à l'hôpital, dont une dans un état critique, selon les services de secours. La police a par ailleurs procédé à deux arrestations.

Selon des témoins, des gardes de sécurité du président Erdogan s'en sont pris à des manifestants pro-kurdes qui brandissaient le drapeau du Parti de l'union démocratique (PYD). Plusieurs vidéos (ci-dessus et ci-dessous) des incidents ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y voit la police tenter d'empêcher les membres de la délégation turque de s'approcher des manifestants. Mais à un moment plusieurs hommes en costumes sombre, qui seraient des gardes du corps du président Erdogan, parviennent à dépasser le cordon de sécurité et assènent des coups violents aux manifestants.

On peut voir notamment un garde du corps asséner un coup de pied à une manifestante blessée au sol.

Moment diplomatique délicat

Cette première rencontre Trump-Erdogan a eu lieu à un moment délicat dans des relations bilatérales qui s'étaient déjà crispées dans les dernières années de la présidence de Barack Obama. Il y a une semaine, Washington a annoncé la livraison prochaine d'armes aux milices kurdes syriennes YPG (Unités de protection du peuple kurde).

Les Etats-Unis considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes du groupe EI.

Le président Erdogan avait exhorté l'administration Trump à revenir «sans délai» sur cette décision. «Prendre en considération les (milices kurdes) YPG-PYD dans la région ne sera jamais accepté et violerait l'accord global que nous avons conclu», a-t-il averti aux côtés du président américain.

La Turquie estime que ces milices sont un prolongement en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation séparatiste qui livre une sanglante lutte armée contre Ankara depuis 1984. Elle redoute que ces armes finissent par être utilisées contre elle par les Kurdes.

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