Actualisé 20.06.2017 à 20:47

Lausanne

«La sécurité doit primer sur l'administratif»

Patron de plusieurs établissements publics, Thierry Wegmüller vient d'obtenir gain de cause au tribunal après une dénonciation de police.

de
Frédéric Nejad Toulami
Patron notamment du D!club et de l'ABC bar, Thierry Wegmüller demande de pouvoir engager des agents professionnels en extra avec plus de souplesse, quand la situation le demande.

Patron notamment du D!club et de l'ABC bar, Thierry Wegmüller demande de pouvoir engager des agents professionnels en extra avec plus de souplesse, quand la situation le demande.

Keystone

L'audience au Tribunal de police de Lausanne s'est tenue ce mardi matin. Elle faisait suite à la contestation d'une décision de la préfecture, en février dernier, qui infligeait une contravention au propriétaire du D!club, Thierry Wegmüller. Sa faute, qui lui a valu une dénonciation de la police cantonale administrative: avoir eu recours à un agent de sécurité professionnel en extra, en raison du désistement à la Der de deux de ses employés avant une grosse soirée. Le hic, c'est que cet extra n'était pas "carté", c'est à dire recensé comme pouvant travailler pour le club de Thierry Wegmüller, après avoir demandé au canton ses antécédents. «J'ai préféré faire primer la sécurité et l'intérêt public sur des normes administratives trop strictes et coupées de la réalité», explique-t-il.

Egalement président de l'association GastroLausanne, Thierry Wegmüller remet en cause l'application «sans aucune souplesse ni pragmatisme» du Concordat intercantonal romand sur les entreprises de sécurité. Mis en place afin d'améliorer les contrôles et les critères de sécurité, il est appliqué avec trop de rigidité pour certains. Or, s'il autorise les clubs à s'échanger des agents déjà sous contrat par l'un d'entre eux, il ne prévoit pas d'engager en freelance un professionnel mais non employé par eux.

Acquitté!

Mardi matin, la justice de première instance a donné raison à Thierry Wegmuller et son avocat, Florian Ducommun, face au chef juridique de la police vaudoise Vincent Delay, dénonciateur et témoin présent. Le juge a acquitté le patron du D!club, admettant ainsi qu'une certaine interprétation pragmatique était possible. «J'ai expliqué lors de l'audience que la directive (du 4 mai 2014) pour interpréter et appliquer ce concordat romand n'était pas une loi mais une simple ordonnance administrative, relève Me Ducommun à 20 minutes.ch. Or, on ne peut pas se voir sanctionné d'une amende si on ne respecte pas une ordonnance administrative.»

Pour lui et son client, la sécurité publique et la pratique sur le terrain doivent primer sur la rigueur du droit.

Vers un assouplissement des directives du Concordat?

Conseiller municipal lausannois PLR responsable de la police et l'économie, Pierre-Antoine Hildbrand dit comprendre les arguments de Thierry Wegmüller et espère que l'on puisse à l'avenir parvenir à un assouplissement de l'application de ce concordat romand. "Il me semble qu'il y a un décalage entre la situation des clubs avec leurs obligations de sécurisation des Nuits lausannoises, voulue par la Ville, et des règles trop strictes de ce concordat", constate Pierre-Antoine Hildbrand.

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