USA: La Sécurité intérieure, star d'une série TV
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USALa Sécurité intérieure, star d'une série TV

Le champion américain de l'audience, le télécrochet «American Idol», aura affaire à un concurrent de poids pour son retour sur le petit écran en janvier: le ministère de la Sécurité intérieure.

Treize épisodes exposeront le quotidien des agents fédéraux responsables de la sécurité du territoire, même si les sujets sensibles ont été soigneusement évités ou expurgés.

«Homeland Security USA» commencera le 6 janvier sur ABC, ce qui lui donnera une semaine pour convaincre les télévores avant le coup d'envoi de la nouvelle édition d'»American Idol» sur la Fox.

La série adaptée du format télévisé australien «Border Security» permettra aux téléspectateurs de suivre des agents fédéraux responsables de la sécurité dans les aéroports, aux frontières, dans les eaux territoriales et tout autre lieu susceptible de représenter une cible de choix pour des terroristes.

Le public pourra ainsi découvrir la mécanique d'agences comme l'Immigration and Customs Enforcement (immigration et douanes) ou la Transportation Agency Administration (transports). Mais les scénaristes ont écarté de leur propos des dossiers chauds tels les programmes de sécurité post-11 septembre 2001 ou la politique d'immigration. A dessein, explique le producteur Arnold Shapiro, qui compte à son actif le programme «Big Brother» sur CBS.

«Homeland Security USA» n'a «pas de point de vue politique», affirme-t-il. La série ne vise pas à présenter les pontes du Département mais «les femmes et les hommes sur les lignes de front» qui «protègent notre pays». Elle doit être considérée comme un divertissement exempt de tout point de vue politique, renchérit Vicky Dummer, une responsable d'ABC chargée de séries.

Tournée avec la coopération du Département de la Sécurité intérieure (en anglais Department of Homeland Security, DHS), «Homeland Security USA» commence dans le premier épisode par un récit de voyage virtuel qui va des points de passage frontaliers à Blaine (Etat de Washington) et San Ysidro (Californie) à l'aéroport international de Los Angeles. Des agents découvrent notamment des denrées faisant l'objet d'un trafic autant exotique qu'illicite: des chauve-souris grillées en provenance de Thaïlande.

La série mêle originalité et sérieux, à grand renfort de trafiquants de drogue ou de migrants clandestins tentant de gagner les Etats-Unis, dissimulés dans d'improbables caches ou munis de faux papiers. Le DHS n'est pas toujours montré à son avantage: à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, des agents braquent leurs armes sur un automobiliste, terrifiant son épouse et son enfant avant de s'apercevoir qu'il y a erreur sur l'identité de l'homme.

Si Arnold Shapiro dit avoir conservé le contrôle sur le contenu de la série, la Sécurité intérieure a visionné les épisodes avant leur diffusion et a pu demander la suppression d'éléments qui auraient dévoilé des stratégies des forces de l'ordre ou risqué d'interférer avec des dossiers judiciaires en cours.

D'après Ed Fox, porte-parole du DHS, le ministère voit dans ce programme «une formidable occasion d'aider le public américain à comprendre ce que font» à la fois le gouvernement et le Département.

Mais «Homeland Security USA» a provoqué un débat. Sur une page du site Facebook opposée à la série, plus de 500 commentaires ont fleuri en quelques jours. Nombre d'entre eux étaient négatifs, certains voyant dans la série une opération de propagande gouvernementale.

La page a été créée par Tina Shull, une étudiante en histoire de l'Université de Californie, dont le point de vue critique à l'égard du DHS est en partie fondé sur l'arrestation et l'expulsion de son époux albanais qui s'est vu refuser l'asile politique.

«Ce qui m'inquiète le plus dans cette série est qu'elle présente comme simple une gamme très complexe de missions qu'assume le DHS. Elle rend légère une question très grave et très controversée dans notre société actuelle», estime Tina Shull, qui souhaite qu'ABC réexamine l'idée de diffuser la série. (ap)

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