Bâle-Campagne: «La séduction n'est pas punissable par la loi»
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Bâle-Campagne«La séduction n'est pas punissable par la loi»

Un homme a comparu mercredi devant la justice bâloise pour le viol présumé d'une ado de 15 ans, en août 2014. Mais les juges l'ont innocenté dans ce chef d'accusation.

par
lha/ofu

Un jeune Italien de 21 ans a écopé mercredi de 6 mois de prison avec sursis pour actes d'ordre sexuel avec un enfant. En revanche, il n'a pas été reconnu coupable de viol et de contrainte sexuelle, les deux points principaux de l'accusation.

Les deux jeunes gens ont fait connaissance il y a deux ans sur Facebook et ont chatté durant près de deux mois avant de se rencontrer une première fois. Lors du deuxième rendez-vous, qui a eu lieu dans le studio de danse de la soeur de l'accusé, ils ont couché ensemble.

«Elle était manipulable»

«C'était consenti», s'est défendu merdredi le polymécanicien en formation devant les juges. Selon le jeune homme, l'adolescente ne s'est défendue à aucun moment. Elle lui aurait même détaché sa ceinture et déboutonné son pantalon.

La mineure, elle, avait livré une toute autre version des faits lors des interrogatoires de la police et du Ministère public. Elle avait ainsi expliqué avoir dit «non» et avoir voulu quitter le studio. L'ado avait néanmoins précisé que l'Italien était parvenu à regagner sa confiance et à l'inciter à rester.

«Elle était manipulable. Il le savait», a critiqué mercredi au Tribunal pénal de Muttenz (BL) la procureure Erika Kremniczky. La victime, elle, n'était pas présente lors de l'audience. Les efforts de l'avocat de la défense, Alexander Sami, pour inciter la jeune à se confronter à son client sont restés vains.

«C'est regrettable»

Appelé à la bare, Alexander Sami a fait part de ses doutes concernant le témoignage de la victime présumée: «Il se peut qu'elle ait été dépassée par les évènements et qu'elle ait eu des regrets par la suite. C'est regrettable, mais séduire quelqu'un n'est pas punissable par la loi.» L'avocat a décrit la mineure comme étant naïve, mais a estimé qu'elle n'était pas si sans défense que l'on pourrait croire. Il a ainsi expliqué que l'ado a giflé un jeune homme dans le passé parce que celui-ci voulait une fellation de sa part.

Dans son jugement, la Cour a majoritairement suivi l'argumentation d'Alexander Sami. Raison pour laquelle elle n'a pas retenu les chefs d'accusation de viol et de contrainte. Les juges ont néanmoins condamné le prévenu à 6 mois avec sursis pour actes d'ordre sexuel avec un enfant parce qu'il savait que la jeune était encore mineure au moment des faits. L'historique de leurs conversations en ligne a constitué une preuve irréfutable dans ce point précis.

On ignore encore si l'accusé va faire recours.

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