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JO de TokyoLa sensation Noè Ponti, «comme dans un rêve»

Le Tessinois de 20 ans a apporté à la natation suisse sa deuxième médaille olympique en moins de 24 heures, samedi à Tokyo. Fou!

par
Jérôme Reynard
(Tokyo)
Noè Ponti a nagé aux côtés de l’immense Caeleb Dressel, samedi. Même pas peur…

Noè Ponti a nagé aux côtés de l’immense Caeleb Dressel, samedi. Même pas peur…

AFP

Jérémy Desplanches l’avait annoncé vendredi en conférence de presse, médaille de bronze du 200 m 4 nages autour du cou. «Ce n’est pas impossible que vous ayez Noè en face de vous à ma place, demain.» Le Genevois avait vu juste. Moins de 24 heures après son exploit, Noè Ponti l’a imité en décrochant le bronze au terme de la finale du 100 m papillon la plus rapide de l’histoire, que lui a bouclée en 50’’74 (record national). Sensationnel!

«C’est tout simplement incroyable», s’est exclamé le Tessinois (20 ans seulement), qui n’était encore jamais monté sur un podium international. «J’ai commencé à y croire vendredi après les demi-finales, quand j’ai vu que j’avais le troisième chrono des qualifiés pour la finale. J’ai une nouvelle fois tout donné aujourd’hui et je me retrouve avec cette médaille autour du cou... Je suis comme dans un rêve.»

«On a une équipe forte, on est une grande famille, on se supporte tous, c’est stimulant»

Noè Ponti

Et dire qu’il avait fallu attendre 37 ans pour trouver un successeur à Etienne Dagon, seul médaillé olympique de la natation suisse avant Tokyo (le bronze aussi, à Los Angeles 1984). Voilà qui donne une clé de compréhension importante pour saisir l’ampleur des exploits réalisés par les nageurs helvétiques au Japon.

L’avenir de la natation suisse

Samedi, le héros se nommait Noè Ponti. Retenez son nom. Car le jeune homme, talent précoce – «je nageais seul avant mes 3 ans» - incarne la montée en puissance, l’avenir de la natation suisse, en compagnie d’Antonio Djakovic (18 ans), de Lisa Mamié (22) et de Roman Mityukov (21), dans le sillage de la locomotive Jérémy Desplanches.

«Ce n’était pas planifié»

Markus Buck, chef du sport de performance à Swiss Aquatics, n’en croyait pas ses yeux, samedi matin à Tokyo. Il a bien voulu évoquer les exploits des nageurs suisses aux JO 2020.

Quels Jeux olympiques pour la natation suisse!

C’est juste fantastique. Et c’est bien plus que ce que l’on pouvait espérer. Qu’autant de nos nageurs atteignent des demi-finales, des finales, et même des podiums, ce n’était pas planifié.

Comment l’expliquer?

Il y a plusieurs facteurs. La préparation d’abord. On a fait en sorte que nos athlètes soient dans les meilleures dispositions, qu’ils soient prêts à nager des finales le matin, particularité de ces Jeux. Il y a aussi le fait qu’on ait eu une année de plus. Pour Noè, qui n’a que 20 ans, ça a évidemment compté. Et puis, malgré la pandémie, on a quasi toujours pu s’entraîner, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde.

Et au niveau structurel?

Il faut croire qu’on a eu une bonne planification saisonnière, pour être prêts au bon moment. Il y a également eu des évolutions d’un point de vue technique, un nouveau centre d’entraînement à Tenero... Dans ce sens, une piscine arrive à Lausanne (ndlr: à la Vaudoise aréna). N’oublions pas non plus le talent, l’investissement personnel, le caractère.

Parlez-nous de Noè Ponti.

Noè a nagé à côté de Caeleb Dressel en finale, mais il ne s’est pas laissé perturber, il n’a pas eu peur. Il est comme ça: relâché, calme, et en même temps hyper ambitieux. Comme tous nos jeunes en fait.

«Le bronze de Jérémy a clairement joué un rôle dans ma performance. Globalement, on a une équipe forte, on est une grande famille, on se supporte tous, c’est stimulant. Deux médailles pour la natation suisse en moins de 24 heures, c’est juste fou! Et c’est plein d’espoir pour le futur. À condition de continuer à travailler comme on le fait, car la concurrence est des plus rudes», expliquait celui qui plus jeune s’est inspiré des exploits de Michael Phelps et de Ryan Lochte devant sa télévision.

Direction les Etats-Unis

Samedi, c’était à son tour de monter sur un podium olympique. Aux côtés notamment d’un autre monstre, Caeleb Dressel (24 ans, EU), lequel a remporté sa troisième médaille d’or des JO 2020 en s’offrant par la même occasion un nouveau record du monde (49’’45). Sans doute que Noè Ponti découvrira certaines ficelles du système américain à partir de septembre, lui qui intégrera la North Carolina University pour y poursuivre sa progression.

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