Actualisé 11.09.2008 à 18:07

La Serbie assure Serge Brammertz de sa volonté d'arrêter Mladic

La Serbie a affirmé jeudi sa détermination à arrêter le général Ratko Mladic, à la fin de la visite à Belgrade du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), Serge Brammertz.

Le magistrat belge s'est pour sa part déclaré prudemment optimiste.

En arrêtant en juillet l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, «les nouvelles autorités en Serbie ont démontré leur ferme détermination de mener à son terme et avec succès» la coopération avec le TPI, a indiqué le président serbe Boris Tadic dans un communiqué publié après un entretien avec M. Brammertz.

Belgrade «est parfaitement au courant de ses obligations» pour que les deux derniers fugitifs soient transférés à la Haye, a-t-il ajouté. Le TPI réclame l'arrestation du général Mladic et d'un ancien chef des Serbes de Croatie, Goran Hadzic, inculpés respectivement pour génocide et crimes contre l'humanité.

Mobilisation

Les responsables serbes rencontrés par le procureur du TPI ont tous insisté sur la mobilisation de leurs services pour retrouver les deux hommes.

Le premier ministre Mirko Cvetkovic a ainsi relevé que sur les 46 suspects réclamés par le TPI, la Serbie en avait livré 44. Il a exprimé l'espoir que M. Brammertz aurait «en vue tous ces faits» dans le rapport qu'il doit remettre à la fin de l'année au Conseil de sécurité de l'ONU sur la coopération de Belgrade avec le TPI.

Le ministre serbe en charge de la coopération avec le TPI, Rasim Ljalic, a pour sa part déclaré à la radio B92 que l'»on pouvait assumer» que Ratko Mladic était en Serbie, sans pouvoir cependant l'affirmer.

Ce qui est acquis, c'est que M. Mladic a effectué en 1999 des démarches pour obtenir une carte d'identité en Serbie, qu'il l'a obtenue mais que la fiche de police où figurait ses empreintes digitales a disparu, rendant les recherches encore plus difficiles, a-t-il révélé. Les efforts engagés donneront des résultats, a-t-il assuré. Mais «quand? Personne à ce stade ne peut le dire».

Optimisme prudent

Il s'agissait de la première visite à Belgrade de M. Brammertz depuis l'arrestation de Radovan Karadzic et la prise de fonctions du nouveau gouvernement pro-européen.

Le procureur s'est fait très discret avec la presse pendant son séjour, laissant filtrer seulement mercredi son «optimisme prudent» quant à la capacité de la Serbie à retrouver Ratko Mladic et Goran Hadzic. Il a salué aussi l'»engagement» et l'»expertise» des équipes serbes dans la poursuite des deux fugitifs.

Sa porte-parole, Olga Kavran, a évoqué pour sa part une «atmosphère positive et constructive» lors des entretiens de jeudi.

Rapport crucial

L'évaluation du procureur du TPI est d'autant plus importante que les ministres des affaires étrangères de l'UE doivent se réunir lundi pour décider de l'éventuelle mise en application immédiate d'un accord commercial de libre-échange entre l'UE et la Serbie. Ce que dira M. Brammertz sera déterminant dans la décision des 27.

(ats)

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