17.10.2020 à 08:16

Coronavirus«La seule chose qui marcherait serait le confinement»

Le chef des soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Jérôme Pugin, n’y va pas par quatre chemins au moment d’évoquer la seconde vague.

«Mais s’il faut retourner au front, on y retournera», promet Jérôme Pugin, chef des soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

«Mais s’il faut retourner au front, on y retournera», promet Jérôme Pugin, chef des soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

KEYSTONE

Le chef des soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Jérôme Pugin, estime que la seule mesure qui marcherait pour couper le pic de la seconde vague de coronavirus serait le confinement. Il devrait être strict mais court.

«Nous ne sommes pas encore allés assez loin dans les mesures restrictives qui permettraient de couper une vague de cette ampleur», estime-t-il samedi dans une interview avec la Tribune de Genève. Et de préciser que «si on le décide aujourd’hui, on en verra les effets dans trois semaines. Si on ne le fait pas, aussi…».

S’il souligne un manque de visibilité, le médecin des HUG table sur une vague qui durera des mois. Ce qu’il va se passer va toutefois dépendre des décisions politiques.

Le message à la population est par ailleurs toujours le même: respecter la distanciation sociale, les gestes barrières et le port du masque. «Ce virus sort des poumons, lui opposer une barrière physique est efficace, d’autant plus qu’il a tendance à rester un moment dans l’air». Pour Jérôme Pugin il faudrait aussi porter le masque dans les zones closes et les open spaces.

Situation «préoccupante»

Le chef des soins intensifs des HUG décrit la situation dans son service comme «préoccupante». «Nous comptons actuellement douze malades du Covid en soins très aigus, dont sept aux soins intensifs. À partir de dix, ce serait la sonnette d’alarme».

Jérôme Pugin souligne qu’au rythme de l’accélération des cas, l’hôpital va vite dépasser le seuil permettant de conserver les autres activités. «Si on doit à nouveau augmenter le nombre de lits Covid aux soins aigus, il faudra sans doute renoncer à d’autres traitements, dont certaines chirurgies. Le personnel soignant de ce secteur pourra alors venir nous donner un précieux coup de main».

Les équipes sont fatiguées et moins motivées, note également Jérôme Pugin. Le taux d’absentéisme est fort. «On sent un peu moins de solidarité, plus personne ne nous applaudit à 21h00, pourtant c’est maintenant que nous en aurions besoin». «Mais s’il faut retourner au front, on y retournera», promet-il.

Le virus reste le même

Le virus a certes un peu muté, mais pas comme celui de la grippe. Il reste en gros le même, note le médecin. Des progrès ont heureusement été faits dans les soins: «Avec le volume de patients que nous avons reçus, nous nous sommes fait la main très vite. On a compris ce qu’il fallait faire et ne pas faire». La recherche clinique s’est également développée.

Les HUG sont en discussion avec l’établissement privé de La Tour pour un soutien, mais resteront, comme en mars, l’hôpital consacré au Covid. Une coordination se met également en place à l’échelon romand.

(ATS)

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