Actualisé

Crise nucléaire«La situation au Japon est très critique»

Le Conseil fédéral recommande à tous les Suisses de quitter le Japon ou du moins les régions dangereuses au vu de la situation imprévisible.

L'appel concerne tous les Helvètes se trouvant dans le nord-est du Japon ou dans la région de Tokyo/Yokohama et dont la présence n'y est pas indispensable, a précisé la présidente de la Confédération mercredi devant la presse. Elle s'exprimait à l'issue d'une séance spéciale du Conseil fédéral.

Actuellement, 1890 Suisses se trouvent au Japon. Jusqu'ici, 1592 d'entre eux ont pu être contactés par l'ambassade, les 105 personnes habitant dans la région de crise incluses. On n'a pas connaissance de victime suisse, a noté la ministre des affaires étrangères.

Les experts de l'aide en cas de catastrophe ayant participé avec des chiens aux recherches de victimes dans la zone de catastrophe sont sur le retour. Au bout de cinq jours, il n'est plus réaliste de trouver des personnes vivantes, d'autant qu'il s'est mis à neiger, a relevé Mme Calmy-Rey. Ils vont aller renforcer l'ambassade de Tokyo, ou pour certains le bureau d'Osaka.

L'ambassade fournit des pastilles d'iode aux Suisses qui se trouvent au Japon. Mais en Suisse, le Conseil fédéral déconseille à quiconque d'en acheter. Les stocks sont suffisants, a assuré la cheffe des affaires étrangères. De toute façon, il n'y a aucun danger sanitaire pour le moment.

La Suisse observe

Le Conseil fédéral soutient par ailleurs pleinement la décision du Département fédéral de l'énergie de suspendre les procédures d'autorisation de nouvelles centrales nucléaires. «Le gouvernement souhaite tirer les leçons, mais pas avant de connaître les tenants et aboutissants de ce qui se passe au Japon», a plaidé Micheline Calmy-Rey.

Pas question d'imiter Berlin en ordonnant des arrêts préventifs de centrales nucléaires en Suisse, selon le directeur de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) Hans Wanner. S'il n'a pas pu dire si l'installation de Mühleberg (BE) était plus sûre que les centrales concernées en Allemagne, l'expert a appelé à analyser les événements nippons d'abord.

Mme Leuthard a d'ailleurs déjà confié un mandat en ce sens. Les exigences légales seront peut-être revues finalement. Mais la situation sismique suisse est très différente du Japon, a-t-il relevé. Tous les organes de surveillance sont à pied d'oeuvre, a assuré Mme Calmy-Rey.

Au Japon

Les événements au Japon sont très difficiles à évaluer. D'après Hans Wanner, la situation est «très critique» à la centrale de Fukushima. Les réacteurs 1 à 3 ont été gravement endommagés et doivent être refroidis d'urgence.

Une forte radiation s'est déjà produite et le dégagement reste significatif à une distance de 30 km de l'installation, ce qui signifie que la santé de la population y est en danger au bout de trois heures passées à l'air libre. En plus, les combustibles des réacteurs 4 à 6 ne sont plus refroidis suffisamment et l'eau bout déjà dans deux d'entre eux.

Trois jours pour refroidir

Si les exploitants ne parviennent pas à les refroidir dans les trois jours, un «fort rayonnement radioactif est à prévoir». Le spécialiste est resté très flou sur son ampleur: cela dépend de trop de facteurs, dont les conditions météorologiques. On ne sait pas non plus combien d'éléments combustibles contient chaque réacteur, a relevé M.Wanner.

Selon lui, la catastrophe de Tchernobyl était très différente, mais la centrale de Fukushima compte bien plus de réacteurs. Les autorités japonaises ont réagi comme il faut, a-t-il relevé. Même si leurs informations ne sont «pas très nombreuses», cela ne signifie pas qu'elles ne veulent pas, la situation est extrêmement difficile, «les autorités ne savent sans doute pas elles-mêmes ce qui se passe dans la centrale», a estimé M.Wanner. (ats)

La Poste suisse ne peut plus livrer au Japon

Les guichets de La Poste n'acceptent plus de courrier et de colis à destination du Japon depuis lundi. Les envois ne peuvent être transportés car les avions disposent de moins de place car ils doivent désormais emporter des réserves de kérozène pour un vol aller-retour.

En outre, les transports aériens de matériel d'urgence et de premiers secours ont la priorité, a expliqué le porte-parole de La Poste Mariano Masserini. Des solutions pour acheminer le courrier sont à l'étude.

Les envois à destination du Japon retenus depuis lundi représentent quelque 1500 kilos. Ils ont été transportés mercredi à Osaka par avion, depuis Zurich via Munich.

La population peut s'informer via le site internet admin.ch/Japon ou par téléphone via le 0800 247 365 ou appeler l'Office fédéral de la santé publique au 031 322 97 28.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!