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ItalieLa SLA, la maladie qui frappe les anciens footballeurs

La SLA, sclérose latérale amyotrophique, maladie rare et mortelle, a frappé et frappe encore aujourd'hui plusieurs dizaines d'anciens joueurs de football en Italie, une singularité que ne parviennent toujours pas à expliquer les scientifiques.

Début septembre, Stefano Borgonovo a révélé son calvaire: à 44 ans, l'ancien attaquant de la Fiorentina et de l'AC Milan, chez qui la SLA a été détectée en 2005, est paralysé, ne respire plus que grâce à l'aide d'une machine et communique à travers un ordinateur qui traduit le mouvement de ses yeux.Son cas, qui a profondément ému, a surtout mis une nouvelle fois en lumière une anomalie: la pathologie, rare sur l'ensemble de la population, touche en plus grande proportion les anciens footballeurs.Selon une étude conduite par le Pr. Adriano Chio à Turin, sur un échantillon de 7.325 joueurs en activité entre 1970 et 2006, 8 cas de SLA ont été recensés, un chiffre supérieur à six fois la moyenne de la population.Il n'existe aucun chiffre officiel sur cette maladie qui serait à l'origine de la mort de 39 joueurs au total depuis 1973, selon la Gazzetta dello Sport.«Le football n'a rien à voir»Pour Borgonovo, pour qui un match de bienfaisance est organisé mercredi à Florence en présence de nombreuses vedettes comme Baggio, Ronaldinho ou Van Basten, le football n'est pas la cause de son mal.«Je crois à une malformation génétique. Si je pouvais revenir en arrière, je rechausserais les crampons», expliquait-il il y a quelques jours à La Gazzetta dello Sport.«Le football n'a rien à voir avec ça», assure en écho Luciano Lombardi, dont le frère Adriano, ex-capitaine de l'Avellino, est décédé de la SLA en 2007.A Turin, le procureur Raffaelle Guariniello enquête depuis 1998 sur cette pathologie dans le football. «Les hypothèses sur lesquelles nous travaillons le plus, explique-t-il, sont le dopage, les traumatismes (chocs reçus au cours de la carrière, inclus les coups de tête, ndlr), ainsi que l'usage de substances toxiques pour l'entretien des pelouses des stades».«Nous avons étudié le cas des cyclistes et des joueurs de basket, ajoute le magistrat qui avait enquêté sur les problèmes de dopage à la Juventus. Mais nous n'avons identifié aucun cas de SLA. Aujourd'hui, on est en train de travailler sur les rugbymen et on a encore rien trouvé. Il semblerait donc qu'il y ait un facteur spécifique au football, et c'est ce que nous cherchons à comprendre».HypothèsesPour les scientifiques, le constat est identique, et dans l'attente de recherches plus poussées sur cette maladie dégénérative mal connue, qui paralyse peu à peu tous les muscles, on se contente d'hypothèses, aucune corrélation directe entre le football et la maladie n'ayant pu être établie.Outre les pistes évoquées par Raffaelle Guariniello, la prédisposition génétique, l'intense activité physique et le recours fréquent aux anti-inflammatoires, constituent d'autres sources d'études.Enfin du côté des joueurs en activité, les révélations de Borgonovo qui surviennent après les disparitions de nombreux ex-joueurs comme Gianluca Signorini, capitaine du Genoa au début des années 90 décédé en 2002, ne laissent pas indifférent.«Ca fout la trouille», résume Angelo Peruzzi, 38 ans, ancien gardien de la Juve et de la Lazio et aujourd'hui jeune retraité des terrains. (afp)

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